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« Des herbes aromatiques avec une meilleure tenue »

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Plantes - « Des herbes aromatiques avec une meilleure tenue »
Thierry Bornarel et Lynda Petitjean, ici dans une culture de verveine citronnée, ont remonté le taux de matière organique de leurs sols entre 2,5 et 3 %, en associant compost et engrais vert. © Domaine des Herbiers

Lynda Petitjean et Thierry Bornarel ont réduit les intrants chimiques, tout en améliorant la qualité de leurs herbes et fleurs comestibles.

«Depuis dix ans, nous avons abandonné le labour. Mis à part un Cultirateau pour former les buttes, nous n’utilisons plus que des outils à dents pour aérer les sols. Avec une fertilisation à 90 % organique, la tenue après cueillette de nos herbes aromatiques et fleurs comestibles s’est nettement améliorée. Cela nous permet de nous différencier sur le marché », racontent Lynda Petitjean et Thierry Bornarel, du Domaine des Herbiers à Elne, dans les Pyrénées-Orientales.

Entre deux cultures, ils implantent du pois fourrager en semis direct. « Cet engrais vert donne une masse végétale dense, qui étouffe les adventices », note Thierry. Après enfouissement, celui-ci libère lentement l’azote, ce qui limite les risques de brûlure des semis pour la culture suivante. « Les herbes aromatiques poussent de façon plus homogène, ce qui améliore le rendement, tout en facilitant la cueillette des bouquets, réalisée à la main », précise le producteur.

Fertilisation organique

Avant de broyer cet engrais vert, Thierry épand un compost végétal élaboré sur mesure par un fournisseur du Gers. Sous abri, celui-ci contient également un peu de fumier ovin et des souches de Trichoderma. « Ce champignon freine la fusariose. Nous cultivons depuis dix ans du basilic dans la même serre sans avoir de soucis », ajoute-t-il.

Pour les plantes comme la menthe, cinq à six coupes par an sont réalisées : « Après chacune d’entre elles, j’épands de la vinasse de betterave. L’azote de cet engrais organique, disponible rapidement, relance la pousse. » En plein champ, le compost utilisé libère plus lentement l’azote. La dose est ajustée à la durée de la culture, de six à dix semaines pour la coriandre, l’aneth ou le cerfeuil, et jusqu’à huit mois pour le persil.

Pour réduire l’usage des désherbants, Thierry combine les faux semis et les binages. « En plein champ, j’applique encore un antigerminatif au semis, afin d’éviter la présence d’adventices au milieu des herbes aromatiques », précise-t-il. Pour la protection des plantes, il a testé de nombreux produits d’origine naturelle : « Nous obtenons de bons résultats contre l’oïdium de l’aneth ou du cerfeuil avec des extraits végétaux appliqués en préventif. » Contre le mildiou du basilic, le cuivre ne suffit pas. En fin de saison, le producteur mise alors sur des variétés résistantes. « Réduire les intrants chimiques n’est pas facile, confie-t-il. Nous avons fait des erreurs qui nous ont coûté cher. Mais nos clients apprécient nos efforts en matière d’environnement. C’est un atout pour les fidéliser, tout en justifiant un différentiel de prix avec la concurrence espagnole. »

Frédérique Ehrhard

En chiffres

• 45 salariés

• 10 ha sous abri et 60 ha en plein champ,

• 35 herbes aromatiques et 20 fleurs comestibles vendues à des restaurateurs, grossistes et supermarchés.

Certifications

Le Domaine des Herbiers est engagé dans une démarche de progrès au sein d’un groupe Terr’Avenir, animé par le Cerfrance Midi Méditerranée. « Nous avons obtenu la certification Iso 14001 en 2012 et, depuis, nous améliorons chaque année de nouveaux points », explique Lynda Petitjean. Le premier volet a porté sur le respect des normes sociales et environnementales, ainsi que sur la traçabilité. « Aujourd’hui, nous travaillons sur les pratiques culturales et le cycle de vie des intrants », poursuit-elle. La certification Iso 14001 est reconnue par leurs clients, mais ne suffit pas toujours pour certains débouchés dans la grande distribution ou à l’export. « Nous envisageons l’obtention de la certification Global Gap, qui ne devrait nécessiter que quelques petites adaptations. »

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Cet article est paru dans La France Agricole

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