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Des dérobées sans pénaliser le maïs ensilage

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Û Trèfle ou vesce. L’association d’une légumineuse est conseillée à hauteur de 60 % minimum au semis.

Certains itinéraires ont fait leurs preuves. Ils ne compromettent pas (trop) la culture de maïs fourrage.

Cultiver une interculture hivernale productive à récolter en avril, sans pénaliser le maïs ensilage qui sera semé plus tard, souvent au mois de mai, c’est possible. Même s’il est rare de gagner sur tous les tableaux à la fois, de nombreux essais montrent que cette technique a souvent assez peu d’incidence sur les rendements du maïs ensilage.

Ainsi, les résultats d’essais de six ans de travaux – conduits par la chambre d’agriculture en Normandie de 2010 à 2016  – révèlent que « les dérobées fourragères sont une réelle opportunité pour intensifier les systèmes fourragers ». Les gains nets de cette technique sont d’environ 3 t/ha de matière sèche (MS), en tenant compte du choix d’une variété de maïs plus tardive et aux rendements inférieurs de 1 à 2 t/ha. Le rendement de l’interculture oscille, quant à lui, autour de 5 t/ha de MS, avec des taux de matière azotée totale intéressants en élevage, en fonction du taux de légumineuses présent.

La chambre d’agriculture a, par ailleurs, constaté que « les associations avec les légumineuses permettent d’obtenir le même niveau de rendement que le ray-grass italien (RGI) seul ». Le seigle en remplacement du RGI offre des rendements équivalents. En revanche, les associations à base de triticale, avoine ou pois fourragers ont des rendements inférieurs (en moyenne 3,5 t/ha). Ces cultures mériteraient d’être récoltées plus tardivement, en mai-juin, pour que leur potentiel de rendement en matière sèche puisse mieux s’exprimer.

Surveiller la fertilisation azotée

Choix des espèces, fertilisation azotée, réserve en eau… Pour optimiser les chances de réussite de la dérobée et du maïs à suivre, plusieurs facteurs clés sont à prendre en considération. Un couvert de RGI classique est réputé « dépressif » pour la ressource en eau en récolte tardive (lire l’encadré). En sols séchants, il pourrait être judicieux d’envisager d’autres graminées, comme le seigle.

La disponibilité en azote est un autre point à observer de près. « En l’absence de fertilisation azotée minérale de la dérobée [de RGI à 100 %, NDLR], le rendement et la teneur en protéines du maïs sont pénalisés », note la chambre d’agriculture de Normandie. Dans ses essais, les dérobées de RGI semées pures ont nécessité une fertilisation entre 76 et 83 unités d’azote. L’association du RGI avec des légumineuses – trèfle incarnat, vesce, vesce velue – est un levier intéressant pour réduire le niveau de fertilisation azotée de la dérobée de 30 à 50 unités. Plus l’hiver est doux et favorable aux légumineuses et plus l’effet bénéfique en matière de fertilisation azoté est élevé. Pour profiter au maximum de cet « effet azote », il faudrait viser au moins 60 %, voire 80 % de population de trèfles au semis. Après une dérobée contenant des légumineuses, la chambre a constaté des taux d’absorption de l’azote par le maïs du même ordre qu’après un sol laissé nu. Ainsi, pour la culture du maïs, « il n’y a alors pas lieu de modifier la dose d’azote prévisionnelle calculée par la méthode du bilan ».

Alexis Dufumier

Ù © Photos : A. Dufumier
Effet limité sur la réserve

Arvalis a réalisé des essais à Gaillac (Tarn) pour mesurer l’effet « dépressif » de couverts de différentes espèces, hors RGI, sur le remplissage de la réserve en eau. L’Institut a constaté un déficit moyen équivalent à 15 mm de précipitations sur l’horizon 0-120 cm, pour des récoltes d’avril. « Une valeur faible, mais pas négligeable en situation sèche », analyse Arvalis. Après un hiver sec, il est donc judicieux de surveiller la réserve en eau dès la sortie d’hiver, surtout en contexte RGI, qui constitue un facteur de risque supplémentaire. À cette période de l’année, la réserve devrait être proche de la capacité au champ, c’est-à-dire la capacité maximale de rétention du sol en eau.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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