La caméline sera-t-elle une nouvelle source pour les biocarburants dans l’aéronautique ? C’est l’ambition de Saipol (groupe Avril), qui étudie cette crucifère en interculture d’été. En partenariat avec huit organismes stockeurs, les chambres d’agriculture, et Terres Inovia, Saipol expérimente des itinéraires techniques pour savoir si la plante est adaptée au climat de la moitié nord de la France.

Des variétés semées en Beauce

En 2019, des variétés du semencier espagnol Camelina Company ont été semées en Beauce le 20 juillet, juste après la moisson, derrière des pois. La caméline a profité des reliquats azotés des protéagineux et deux tours d’irrigation ont été ajoutés. En 2020, la sécheresse estivale a largement pénalisé la culture.

Cette année, des semis au drone ont été pratiqués dans du blé avant la moisson. « Les graines ont bien levé. L’objectif est de gagner une semaine à dix jours pour profiter des pluies de fin juin », explique Sébastien Baron, responsable de l’équipe grandes cultures à la chambre d’agriculture du Loiret. Une fois récoltées, les graines sont collectées et séchées par la SCAEL, coopérative d’Eure-et-Loir.

Un faible coût de production

La caméline, connue des agriculteurs bio en culture principale, est-elle rentable en interculture ?

« En 2019, avec de l’eau et de l’azote, via le précédent pois, le rendement avoisinait les 13 q/ha. Dans l’Oise, des essais ont atteint 17 q/ha. C’était à peine suffisant pour dégager une marge correcte par rapport au prix proposé, calé sur celui du colza », juge Sébastien Baron. En effet, hors frais de séchage, le coût de production avoisinait les 350 €/ha.

La filière est en pleine structuration. « Nous avançons pas à pas, et nous fixerons son cahier des charges en 2022 », complète Guillaume de La Forest, responsable du projet à Saipol.

Reste à savoir si le prix et les rendements décolleront.

Aude Richard