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Couverts en bio : plusieurs techniques à tenter

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Interculture - Couverts en bio : plusieurs techniques à tenter
Le technicien préconise un budget de 50 €/ha pour un couvert avec légumineuses et 30 €/ha sans légumineuses. © Christian Watier

Au-delà des obligations réglementaires, les couverts d’interculture ont leur intérêt dans les systèmes en agriculture biologique, notamment sur la fertilité azotée. Leur réussite peut toutefois être assez aléatoire.

« Plusieurs périodes d’im­plantation sont possibles : étaler les techniques, c’est étaler les risques et favoriser les chances que les couverts fonctionnent », indique Bertrand Bacle, conseiller grandes cultures bio à la chambre d’agriculture d’Île-de-France.

Couverts d’été-automne

Ils gagnent à être semés plus tardivement, fin août ou jusqu’au 15 septembre, pour permettre un travail du sol avant et déstocker les mauvaises herbes. Certaines espèces sont à éviter, prévient le technicien : « En bio, les vesces (sauf du Bengale et de Narbonne) posent problème dans les rotations avec céréales. Leur graine a une taille et une densité identique au grain de blé : le recours au tri optique est nécessaire, ce qui représente un coût supplémentaire. Non gélives, les vesces ont de plus une floraison indéterminée qui les rend difficiles à gérer. » Compliqués à détruire, fenugrec et mélilot sont aussi à bannir pour la meunerie : le premier donne un goût de curry au pain, le second de cannelle.

Il est, par ailleurs, déconseillé de semer des légumineuses après le 1er septembre. « Elles ont des cycles longs et besoin de beaucoup d’eau et de chaleur. Leurs semences sont parmi les plus chères », précise Bertrand Bacle. Il invite à éviter d’acheter des mélanges « tout fait » avec des légumineuses. « Il arrive que des agriculteurs ne puissent pas semer avant septembre, et regrettent qu’elles ne s’expriment pas, alors qu’ils ont payé la semence. Mieux vaut prendre un mélange sans légumineuses et en ajouter dedans si les conditions de semis sont bonnes avant la première quinzaine de septembre. »

Semis sous couvert

« En semant à la volée du trèfle blanc (ou violet) sous couvert d’une céréale d’hiver en mars-avril (de début montaison à deux nœuds), on s’affranchit des conditions d’implantation d’été car le couvert est déjà en place à la récolte de la céréa­le », explique Bertrand Bacle. Sans garantir son succès tous les ans, il conseille de tenter cette technique « qui ne fait pas prendre de risques ». La réussite de ce couvert est conditionnée aux événements climatiques du printemps. « Le mois de mai 2020 a par exemple été chaud et très sec : dans un cas sur deux, les trèfles ont séché sur pied. Cette année, avec la pluie de mai, les trèfles sont beaux », illustre-t-il.

Cette technique est cependant déconseillée en présence de vivaces. « La priorité reste la gestion des mauvaises herbes, rappelle le technicien. Il est dommage de dire à un agriculteur qu’il doit détruire son beau trèfle à cause du rumex. »

Justine Papin

Agriculture de conservation en AB

Le pôle de compétitivité technique en AB (PCTAB) de la chambre d’agriculture d’Île-de-France a tenté le semis direct sous couvert sans travail du sol pendant quatre ans, sans résultats concluants. Les principaux freins sont la gestion des adventices et la difficulté des plantes à lever dans un sol non travaillé au début. « Les conventionnels compensent avec de l’azote minéral. En bio, il faut plusieurs années avant d’aboutir à un système qui fonctionne. Que faire en attendant ? Faucher ? Dans un système sans élevage, c’est compliqué », indique Bertrand Bacle.

Parfois, ne pas semer

Il arrive qu’il soit plus judicieux de s’abstenir d’implanter un couvert. « C’est dommage, mais il faut tirer profit de cette période pour être efficace sur la gestion des vivaces et faire des passages d’outils répétés en été », insiste Bertrand Bacle.

Néanmoins, « pas de semis » ne veut pas forcément dire « pas de couverts ». « Les repousses suffisent parfois, notamment les légumineuses qui représentent un tiers de nos rotations. Elles font des couverts efficaces qui ne coûtent rien », conclut-il.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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