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Couvert semi-permanent : le trèfle à l’étude

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Le trèfle « deux ans » régulé dans le blé et détruit avant l’orge a procuré un arrière-effet positif sur l’orge et la betterave. © P. Hauprich/Arvalis

L’essai visant à mesurer l’impact d’un couvert semi-permanent de trèfle, démarré en 2015 en Champagne crayeuse, livre ses premiers enseignements.

«Nous voulons savoir si un couvert semi-permanent de trèfle blanc intermédiaire, source d’azote, a un intérêt sur le rendement, la protéine et la fertilisation dans une rotation colza-blé-orge de printemps-betterave-blé et quels sont les risques associés, explique Philippe Hauprich, d’Arvalis. Le but final serait d’obtenir un rendement et une qualité identiques, tout en réduisant l’apport d’azote minéral, ou des gains de rendement et de protéines sans apport d’azote minéral supplémentaire. »

L’essai est réalisé par un agriculteur avec son propre matériel. Deux témoins sans trèfle sont conduits en semis direct ou en techniques culturales simplifiées (TCS), avec des repousses de colza ou une moutarde en interculture. Les trois autres modalités comportent du trèfle semé avec le colza et maintenu pendant un à trois ans.

Implantation aléatoire

Le trèfle est implanté à la même profondeur que le colza, en semis direct, car le semoir n’a qu’une seule trémie. « Ce n’est pas l’idéal pour le trèfle, souligne l’ingénieur. En septembre 2015, il n’a pas levé. Il a été ressemé en mars 2016, mais cela n’est pas possible tous les ans. Pour être plus performant, il faudrait deux trémies pour semer à des profondeurs adaptées. L’essai montre que la réussite de l’implantation du trèfle est soumise à de nombreux paramètres : gestion des résidus de culture du précédent colza, pluviométrie après le semis, vigueur du colza, matériel de semis… Des resemis sont parfois nécessaires. »

Le trèfle « un an » est détruit dans le blé en février, par l’herbicide appliqué sur la céréale. Le « deux ans » est régulé dans le blé, puis détruit mécaniquement par un outil à dents en janvier-février, avant le semis de l’orge de printemps. Le trèfle « trois ans » est régulé dans le blé, puis dans l’orge de printemps, pour être détruit mécaniquement en novembre, avant le semis de betterave du printemps. Un passage de glyphosate en complément a été effectué mi-février 2020.

Premiers résultats contrastés

Le trèfle ne pénalise pas le colza. Dans la modalité « un an », détruit dans le blé en février 2017, l’azote stocké n’a pas pu être minéralisé à temps et servir au blé. Ce dernier accuse une perte de 5 q/ha par rapport au témoin, pour une dose d’azote identique. Mais un arrière-effet est observé sur l’orge de printemps suivant le blé (+ 4 q/ha et + 0,4 point de protéines pour seulement 10 u/ha d’azote apportées en plus) et sur la betterave qui suit l’orge (+ 5 t/ha pour une fertilisation équivalente).

Dans la modalité « deux ans », le trèfle régulé a concurrencé le blé, qui perd 19 q/ha et 0,7 point de protéines. En revanche, détruit juste avant le semis de l’orge de printemps suivant, il procure à celle-ci un rendement de 89 q/ha (+ 11 q/ha par rapport au témoin) et un taux de protéines de 11,1 % (+ 0,2 point) avec une dose d’azote réduite de 30 u/ha. Un arrière-effet positif est également observé sur la betterave suivante (+ 10 t/ha et - 40 u/ha d’azote).

Le trèfle « trois ans » régulé dans l’orge a pénalisé la culture (- 9 q/ha).

« En conclusion, le trèfle libère de l’azote pour les cultures suivantes uniquement s’il est totalement détruit, déclare Philippe Hauprich. Son effet est d’autant plus important que sa durée de vie est longue. D’un point de vue pratique, il semble pertinent de le réguler dans les cultures d’hiver et de le détruire avant celles de printemps. »

chantal urvoy

Difficile régulation

Le choix des herbicides céréales et de leur dose s’effectue en fonction du but recherché, selon des références issues d’essais antérieurs : Picotop pour réguler, herbicides à base de sulfonylurées pour détruire. « Mais la régulation est soumise à de nombreux paramètres. Il est parfois possible de détruire le couvert quand on veut le réguler, ou l’inverse ! », déclare Philippe Hauprich, d’Arvalis.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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