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Contrôler les limaces par une lutte raisonnée

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Arvalis préconise la prise en compte de plusieurs paramètres pour raisonner les interventions sur céréales à paille.

C’est en cette période précédant les semis d’hiver que les limaces font leur grand retour, notamment les limaces grises, responsables de 80 % des attaques de cultures en France. Les conditions climatiques douces et humides favorisent leur développement, et les couverts végétaux ou repousses, dont l’appétence varie selon les espèces, font le plus grand bonheur de ces gastéropodes.

Pour contrôler les attaques dans les parcelles de céréales à paille, Arvalis a mis au point un schéma décisionnel basé sur une appréciation du risque « multicritère ». L’idée de cette nouvelle règle de décision : suivre la progression des limaces dans les pièges dès l’interculture, tout en prenant en considération les facteurs de risque liés à la parcelle (pratiques culturales, rotation, nature du sol), le stade de sensibilité de la culture, ainsi que les conditions météorologiques. « La notion de seuil d’intervention est désuète, car bien qu’une tendance se dégage entre le niveau de dégâts et le nombre de limaces capturées, la variabilité des résultats – expliquée entre autres par l’influence de facteurs externes – empêche d’établir un seuil de nuisibilité valide et robuste, souligne Anne-Monique Bodilis, d’Arvalis. La lutte contre les limaces ne peut donc pas reposer uniquement sur un résultat de piégeage. »

Suivi continu

En interculture , la lutte agronomique est à privilégier. Le labour, lorsqu’il est réalisé peu de temps avant le semis, peut freiner le nombre d’individus en surface dans les sols limoneux. En sol argileux ou argilo-calcaire, les préparations de sols motteuses favorisent les attaques, en offrant des refuges accessibles au bioagresseur et des voies d’accès facilitées aux semences. Le déchaumage, lorsqu’il est répété, s’avère efficace contre les limaces : structure du sol affinée, repousses détruites, humidité de surface réduite, blessures infligées aux limaces, etc. En semis direct, le roulage permet de retarder les attaques en sol motteux et creux, car le tassement du sol élimine les mottes et retarde le déplacement des gastéropodes qui s’y trouvent bloqués. Enfin, l’application d’antilimaces, de préférence quinze jours avant le semis, est indiquée uniquement lorsque les conditions sont particulièrement favorables au développement des ravageurs (température douce, forte hygrométrie et humidité du sol), et que des dégâts sur repousses ou des individus sont observés (voir l’infographie).

Au semis , un suivi régulier de la dynamique de piégeage et la prise en compte des conditions météorologiques permettent de raisonner les interventions (voir l’infographie). Lorsque nécessaire, un traitement quatre à cinq jours après le semis réduirait d’au moins un tiers le nombre de plantes attaquées.

En période de levée , les traitements antilimaces sont moins efficaces, car l’appétence des granulés est en concurrence avec celle des plantes. Ainsi, si aucune application n’a été faite précédemment, ou qu’aucun granulé n’est visible, Arvalis conseille l’emploi du produit uniquement si l’activité des limaces est toujours observée et/ou que des dégâts sont visibles avec plus de 30 % de plantes attaquées. Si aucune activité n’est observée et que les plantules se portent bien, seul le maintien de la surveillance jusqu’au stade 3-4 feuilles est préconisé. Au-delà de ce stade, la céréale compense par son tallage.

Marie Seyer
Tenir compte des conditions favorables au ravageur

Une situation à risque peut se caractériser en fonction : du climat (saisons humides, pluies et températures douces au semis), de la rotation (précédents favorables comme le colza, blé, orge, jachère ou prairies ; interculture avec couvert végétal appétent comme le seigle, trèfle, etc.), du sol (sol argileux, limono-argileux et argilo-calcaire ; absence de travail du sol ; travail superficiel ponctuel et tardif, etc.), et du semis (préparation grossière du lit de semences, faible densité de semis ou semis tardif en période humide, etc.).

En pratique

Le bon enfouissement des semences au semis met ces dernières hors de portée du parasite. Seules les graines visibles en surface ou situées au milieu de mottes peuvent être consommées par les limaces.

La durée d’efficacité d’un granulé est d’au moins quinze jours. Après de fortes pluies, cette efficacité peut être amoindrie, car les granulés sont susceptibles de se coller à la terre. Dans ce cas, il est conseillé de renouveler l’application.

Privilégiez une dose moyenne, renouvelée deux fois, plutôt qu’un seul traitement à dose forte.

Au moins quatre pièges pour 1 m²

Le piégeage réalisé sur une longue période permet de suivre l’activité du ravageur. Arvalis conseille de poser, de préférence le soir, au moins quatre pièges (humidifiés à saturation) de 0,25 m² (0,5 m de côté), éloignés d’au moins 5 m les uns des autres sur la parcelle.

L’arrosage du sol au moment de la pose est à proscrire, tout comme l’application d’antilimaces sous le piège, au risque d’altérer la mesure. Les pièges sont à relever le lendemain matin, et à renouveler autant de fois que nécessaire (minimum un par semaine). Attention, le piégeage doit être réalisé en conditions d’activité des limaces (sol humide), et est à éviter juste après une préparation de sol.

c. © THIRIET
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Cet article est paru dans La France Agricole

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