Vous êtes abonné

Première visite ?

Inscrivez-vous
Imprimer Envoyer par mail Commenter

Colza : vers le tout-en-postlevée

réservé aux abonnés

 - -->
Mozzar est une solution de postlevée efficace sur géraniums. © Laurent Jung, Terres Inovia

Cette stratégie de désherbage contre les dicotylédones, sans prélevée,est mise en avant par Terres Inovia pour son coût, sa régularité d’action,le choix des cultures de remplacement plus large, etc.

«Grâce aux nouveaux produits antidicotylédones comme Mozzar (halauxifène-méthyl et piclorame) et Fox (bifenox), homologués en mars 2019, et dans les situations où la pression des graminées est faible ou moyenne, désherber le colza uniquement en postlevée est possible », présentait, début juin, Fabien Lagarde, directeur de l’action régionale et du transfert chez Terres Inovia.

Deux nouveaux produits

Le programme de postlevée complet, préconisé par l’institut technique, peut combiner une première application de Mozzar (auxinique foliaire et systémique) à 0,25 l/ha au stade quatre feuilles dès le 1er octobre à une autre de propyzamide (Kerb, etc.) début novembre, lorsque la pression en adventices dicotylédones est faible. Dans le cas contraire, Mozzar à 0,25 l/ha sera plutôt suivi de Ielo dans les parcelles à forte pression de géranium ou appliqué à deux reprises dans celles à forte pression d’érodium. Utilisable jusqu’au stade reprise de végétation, il offre des opportunités de rattrapage tardif, sur gaillet notamment.

Quant à Fox, herbicide foliaire de contact faiblement systémique, c’est un inhibiteur de la synthèse chlorophyllienne. Il s’emploie du stade quatre à six feuilles jusqu’à début novembre. Il est efficace sur les jeunes plantes de mercuriale, fumeterre, moutarde, sisymbre, coquelicot, et sur les très jeunes pensées, véroniques, lycopsis ou érodium. Associé à Ielo (propyzamide et aminopyralide), il est aussi performant sur géranium disséqué et érodium. En revanche, appliqué avant le stade indiqué, il peut perdre en sélectivité et occasionner des brûlures sur les feuilles de colza.

Faire l’impasse sur la prélevée cumule plusieurs avantages : mieux cibler les adventices, respecter l’environnement (aires d’alimentation des captages en eau potable, etc.), gagner en efficacité et améliorer la marge. En effet, la prélevée coûte, selon Terres Inovia, entre 85 et 90 €/ha et son efficacité n’est pas garantie, notamment en conditions sèches (été sec, faible pluviométrie en septembre, sols argileux) et dans les zones à géranium. De plus, en cas de retournement de la culture - comme ça a été beaucoup le cas sur la campagne en cours -, cet investissement se transforme en perte nette. Enfin, la persistance de substances actives dans le sol limite les possibilités d’implantation d’une culture de remplacement.

L’application d’un herbicide de postlevée à large spectre est donc un moyen de contourner les inconvénients de la prélevée, à condition de gérer des flores stratégiques, telles que le gaillet ou le géranium. Les travaux actuels de Terres Inovia montrent que des programmes complets se construisent à base de ces herbicides, intégrant ou pas d’autres traitements comme Atic-Aqua et surtout Callisto pour les compléments crucifères.

Isabelle Lartigot

Se dispenserde prélevée

Dans les régions les plus sèches en fin d’été, le risque d’échec à l’implantation alourdit le coût du désherbage de prélevée et offre un choix de cultures de remplacement restreint. Aussi, il arrive que l’herbicide de prélevée puisse manquer de sélectivité (par exemple en cas de grosse pluie à la germination) et pénalise la vigueur du colza. L’impact est important dans un contexte de forte pression des altises, puisqu’il est indispensable d’obtenir des plantes robustes, capables de se défendre elles-mêmes contre les coléoptères ravageurs.

Votre analyse quotidienne du marché - Oléagineux

Le colza en repli, se maintient à un niveau élevé

Les prix du colza reculaient jeudi 29 juillet 2021 dans l’après-midi, dans la lignée du canola, se maintenant toutefois autour de 530 euros la tonne.
Imprimer Envoyer par mail Commenter
En direct
Afficher toutes les actualités

Cet article est paru dans La France Agricole

Transmission & Patrimoine : tous les conseils pour passer le relais !