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« Des pois chiches pour allonger la rotation »

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En introduisant des pois chiches dans la rotation, l’agriculteur arrive à mieux contenir les ray-grass. © F. Ehrhard

Rémi Ibanès cultive des pois chiches pour faciliter le désherbage, tout en sécurisant les prix de vente.

« Après avoir ressemé deux fois 60 hectares de tournesol à cause des oiseaux, j’ai abandonné cette culture ! Pour faire une rotation avec les blés durs, j’ai d’abord introduit des pois protéagineux, puis des pois chiches, produits sous contrat avec la coopérative Arterris », explique Rémi Ibanès, installé sur 160 hectares à Narbonne, dans l’Aude. En 2018, il a cultivé 40 ha de pois chiches, 38 ha de pois protéagineux et 63 ha de blé dur en rotation, ainsi que 19 ha de légumes irrigués, asperges, artichauts et fraises.

Semis en direct

Avec des ray-grass qui lèvent tout l’hiver, le désherbage des blés durs devenait difficile. « Avant de semer les pois chiches mi-janvier, j’ai le temps de faire deux faux semis en fin d’automne, après les pluies. Puis je les sème en direct », note Rémi. La légumineuse couvrant peu le sol au démarrage, l’agriculteur soigne le désherbage. En postsemis prélevée, il applique du Challenge 600 et du Prowl 400, et revient en postlevée avec une application de Foly’R, pour réduire les ray-grass dans cette culture.

Les pois chiches résistent plutôt bien au froid et à la sécheresse. « L’an dernier, avec une gelée à - 9 °C en février, j’ai perdu 15 à 20 % des pieds, raconte-t-il. Mais le développement des autres a compensé, et j’ai tout même récolté 23 q/ha. » Dans ses sols d’alluvions, le rendement moyen atteint régulièrement 25 q/ha. « Le potentiel est de 30 q/ha, confie Rémi. Mais je perds souvent 4 à 5 q/ha à cause des sangliers. »

Bonne marge

En termes de marge, les pois chiches ont rattrapé les blés durs, dont le prix est descendu ces dernières années à 190 €/t. « Leur prix, contractualisé, est stable », apprécie-t-il. La légumineuse ne nécessite pas d’engrais azoté. Avec des charges opérationnelles limitées à 330 €/ha et un prix de vente de 400 €/t, sa marge brute est de 670 €/ha.

Grâce à cette culture, Rémi améliore aussi ses résultats en blé dur : « Derrière pois chiches, les sols sont bien structurés. Je peux implanter les blés au semoir direct, sans remonter de graines de ray-grass, ce qui réduit le salissement. »

Il ne fait plus de blé sur blé, ce qui évite l’installation du piétin échaudage : « J’arrive ainsi à obtenir un rendement moyen de 60 q/ha en blé dur. » Il lui reste à trouver une quatrième culture, pour ne revenir sur les pois chiches que tous les cinq ans, afin d’éviter l’installation de l’ascochytose.

Frédérique Ehrhard

Rémi Ibanès implante ses pois chiches en direct avec un semoir Gaspardo. Il espace les lignes de 17 cm. © F. Ehrhard
Nouvelles variétés

En 2018, le groupe coopératif Arterris a commercialisé 10 000 tonnes de pois chiches. Dans le cadre du développement de sa filière légumineuses, il a mis en place un programme d’essais sur cette culture. « Nous avons collecté une cinquantaine de variétés dans le monde, que nous allons caractériser en 2019 dans nos deux fermes expérimentales. Puis, en 2020, nous nous lancerons dans la sélection », explique Anne-Paulhe Massol, responsable R & D du groupe. L’objectif est d’optimiser l’itinéraire technique, le rendement et la qualité. »

Soigner la lutte contre héliothis

Pour obtenir un bon rendement, la protection contre l’héliothis doit être soignée. « La coopérative et la chambre d’agriculture ont mis en place un réseau de pièges pour repérer les vols. Je ne traite que si c’est nécessaire, avec du Bacillus thuringiensis », précise Rémi. L’autre point délicat reste la protection contre l’ascochytose (anciennement anthracnose). « Le plus souvent, une application de fongicide suffit. En 2018, avec un printemps très humide, j’ai dû en faire une deuxième. »

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Cet article est paru dans La France Agricole

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