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Dossier Céréales : trouver les bonnes sources d’économies

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Désherbage. Attention, en termes de gestion des adventices, on risque de payer longtemps l’économie d’un passage. © S. LEITENBERGER

Si, en fertilisation azotée, la marge de manœuvre pour réaliser des économies est mince, elle existe, sous conditions, pour les postes désherbage et fongicide.

Les rendements et prix des céréales en berne malmènent les trésoreries des exploitations. Du coup, la chasse aux économies est lancée, mais attention, certaines sont trop risquées en termes de perte de rendement ou de qualité de la récolte et ne feront, à terme, qu’aggraver une situation déjà critique (lire À la une, p. 14).

L’impact sur les cultures étant rarement immédiat, nombre d’agriculteurs ont choisi de réduire ou de faire l’impasse sur la fertilisation en phosphore (P) et potassium (K) cette année. « Nos adhérents n’ont rien livré ou presque depuis le mois de juin pour la fertilisation d’automne », constate Gilles Poidevin, ancien délégué général de l’Unifa, qui note une baisse de 30 % des commandes d’engrais contenant du P et du K.

Pour l’azote, « il y a beaucoup moins de marge de manœuvre, car si l’agriculteur s’écarte de la dose optimale, la prise de risque en termes de rendement et de qualité est très importante », estime Michel Bonnefoy, ingénieur chez Arvalis. Un fractionnement au plus près des besoins permettra d’assurer une bonne efficacité. En dehors de certains cas très spécifiques, il n’est pas conseillé d’apporter l’azote trop tôt. La mesure des reliquats en sortie d’hiver donnera des informations précises sur la conduite à mener. « Comme tous les ans, mais cette fois particulièrement, l’aide des outils de pilotage sera précieuse », estime Michel Bonnefoy, notamment pour viser précisément les besoins des céréales en quantité et qualité (taux de protéines) au troisième apport.

En désherbage, les faux semis ont rarement fonctionné à cause de la sécheresse. Il ne faut pourtant pas lâcher la bride afin d’éviter des infestations difficiles à maîtriser cette année, mais aussi à plus long terme. « Tolérer une trentaine de vulpins par m² qui produit entre 30 000 et 50 000 graines/m², conduira à une infestation durable pour les années suivantes, alertent Ludovic Bonin et Lise Gautellier Vizioz, d’Arvalis. Même sur de faibles densités observées, la nuisibilité peut vite atteindre 10 q/ha, sans tenir compte du potentiel de graines produites qu’il faudra gérer par la suite. » Une action dès l’automne est quasi obligatoire dans le cas de graminées ou dicots résistantes ou si le nombre d’adventices dépasse les 20/m² (voir tableau).

Quant à la lutte contre les maladies, « le premier traitement, en particulier, est source d’économie, estime Jean-Yves Maufras, d’Arvalis. Soit en le décalant autant que possible, voire en le supprimant si ce report coïncide avec la date du deuxième traitement. Ce deuxième traitement, pivot de la protection fongique, doit en revanche être impérativement réalisé au stade « toute dernière feuille sortie ». »

Florence Mélix
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Analyses de terre

Pour raisonner les apports de fertilisants, il est indispensable de connaître l’exigence de la culture et de disposer d’analyses de sol.

Philippe Eveillard, de l’Unifa, rappelle que « seulement 250 000 à 300 000 analyses de terre sont pratiquées en moyenne par an ». Soit la moitié de ce que donneraient les prélèvements réalisés tous les cinq ou six ans, comme préconisé.

Le spécialiste note également que, « malheureusement, c’est plus souvent la trésorerie qui dicte la décision de fertiliser que les résultats d’analyse ».

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