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Céréales et protéagineux : mariage gagnant

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Avantage. Le pouvoir étouffant des mélanges limite les opérations de désherbage. © chambre d’agriculture de Bretagne

Les associations offrent de multiples avantages par rapport aux cultures pures de ces mêmes espèces.

«Dans l’optique d’une récolte en grain, le mélange se compose presque toujours de deux espèces, comme blé-pois ou triticale-pois, par exemple, explique Aurélien Dupont, de la chambre d’agriculture de Bretagne. Le rendement est souvent équivalent avec moins d’intrants, une pression des adventices et des maladies inférieure et une teneur en protéines du blé améliorée malgré l’absence de fertilisation. »

Un mélange blé-pois ou triticale-pois fourrager est intéressant en termes de productivité de grain, de couverture de sol (triticale) et d’effet tuteur du pois. Le mélange blé-féverole est à réserver aux sols profonds, à bonne réserve hydrique.

Rendements réguliers

Quelle que soit l’association retenue, le façonnage du lit de semences est identique à celui d’une culture pure. Après un labour, le terrain est repris au vibroculteur ou à la herse rotative, afin de déposer les graines à une profondeur régulière de 2-3 cm. « Dans le cas particulier de la féverole, qui nécessite un enfouissement plus important, nous semons en un seul passage, entre 3 et 4 cm de profondeur, précise Aurélien Dupont. Une autre technique consiste à effectuer un semis à la volée, puis à cacher les graines entre 5 et 8 cm, via le labour. Elle reste peu pratiquée, car elle demande plus de temps et les levées sont plus irrégulières. » Avant l’introduction dans le semoir, les graines sont mélangées à la bétonnière.

Pour les semis d’automne, le conseiller préconise des mélanges de l’ordre de 250 à 280 gr/m² de blé plus 15 à 20 gr/m² de pois fourrager (Assas, Ascension) ou 25 gr/m² de féverole d’hiver.

« Souvent mis en place dans le cadre de l’agriculture biologique, les mélanges ne peuvent être désherbés que mécaniquement, bien que ce ne soit pas toujours nécessaire dans les rotations avec beaucoup de prairies », estime Aurélien Dupont. Pour des semis de première quinzaine de novembre, les agriculteurs passent le plus souvent deux fois, parfois trois, avec la herse étrille en sortie d’hiver. L’idéal est d’intervenir avant le stade deux feuilles des mauvaises herbes et avant la sortie des vrilles du pois, ce dernier étant très sensible aux agressions mécaniques.

« Avec un recul de plusieurs années, ce type d’itinéraire donne de bons résultats, avec des rendements réguliers de 45 q/ha pour le mélange blé-féverole par exemple, constate le conseiller. Dans le même temps, les rendements en féverole pure peuvent varier de 10 à 55 q/ha. En association, les effets de compensation en fonction des aléas climatiques sont évidents et la pression des agresseurs toujours moindre qu’en culture pure. »

La dernière étape décisive repose sur le déclenchement de la récolte, qui reste un compromis, afin de limiter les pertes et de préserver la qualité des graines. « Dans un mélange avec du pois, la maturité de celui-ci dicte la date de récolte, alors que la féverole accorde plus de souplesse, remarque Aurélien Dupont. Pour s’assurer un débouché commercial, la casse des protéagineux doit rester minime. »

Vincent Thècle
Programme Prograilive

Mis en place par le Pôle agronomique de l’Ouest pour la période 2016-2019, le programme Prograilive cherche à améliorer l’autonomie protéique des élevages de Bretagne et des Pays de la Loire. Le levier choisi est l’association céréales-protéagineux.

Les expérimentations se déroulent en station et chez les agriculteurs. Elles visent à mieux gérer les maladies, les ravageurs et l’enherbement, afin d’en limiter l’impact sur le rendement des protéagineux.

MÉLANGES FOURRAGERS

Les associations mises en place par des polyculteurs-éleveurs sont parfois récoltées immatures en fourrage et valorisées par les animaux. « Depuis le redémarrage de cette pratique dans les années 2000, la part des protéagineux dans les mélanges a tendance à croître, constate Olivier Laborde-Debat, de la chambre d’agriculture de Bretagne. Pour parvenir aux 15 % de matière azotée totale sur la matière sèche que cherchent à obtenir les éleveurs, ils partent sur des associations type triticale + avoine + pois + vesce en visant une récolte à la floraison du pois et épiaison des céréales. »

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Cet article est paru dans La France Agricole

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