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Céréales  : changement de tempo pour le désherbage

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Flore printanière. Dans plus en plus de cas, il est nécessaire d’intervenir après le stade 2 nœuds. © Ch. Watier

Les programmes de désherbage à l’automne sont plus efficients sur dicots. Il y a moins d’applications de sortie hiver.

Le marché du désherbage des céréales est désormais « drivé » par l’automne. Les interventions à cette période ont en effet pris de l’ampleur ces dernières années : en moyenne, 60 à 65 % des surfaces nationales concernées. Pourtant, jusqu’alors, il s’agissait plus d’un marché d’opportunité, puisque la mise en œuvre et l’efficacité des spécialités restent déterminées par les conditions climatiques.

Le DFF, une substance incontournable

Dans les cas de fortes densités d’adventices, il est recommandé de combiner le passage à l’automne, en prélevée et/ou post-précoce, avec une intervention sortie hiver précoce et/ou au printemps. Cette stratégie est conseillée pour maîtriser les graminées et dicotylédones résistantes à l’aide de programmes plus solides, mais aussi plus onéreux (55 €/ha, contre 25-30 €/ha, rien que pour l’automne). Elle permet d’apporter des modes d’action différents.

« Le constat est là, le diflufenicanil, ou DFF, est désormais la première substance utilisée sur ce marché », informe Ludovic Bonin, spécialiste du désherbage chez Arvalis. Cette substance active appartient au groupe Hrac F1. Quant à la pendimenthaline (voir encadré réglementaire), qui fait partie du groupe K1, son usage monte également. Ce marché d’automne plus dynamique s’est naturellement accompagné du renouvellement de l’offre.

À la sortie de l’hiver, en janvier-février, des spécialités à base d’iodosulfuron ou de mesosulfuron notamment (famille des inhibiteurs de l’ALS, groupe Hrac B), peuvent encore assurer un complément d’efficacité. Toutefois, ce marché est en perte de vitesse (- 20 %), compte tenu de la présence de graminées résistances à ces herbicides.

Une flore qui apparaît plus tard

Un autre point doit être gardé à l’esprit : la persistance d’action des molécules désormais employées à l’automne, comme le DFF, associées ou non. Leur spectre est plus large sur dicotylédones. Le DFF sera, par exemple, plus efficient sur véroniques ou pensées et la pendimathaline aura une action complémentaire sur coquelicots. Ainsi, les champs étant plus propres en sortie hiver, certaines applications seront reportées au printemps, après le stade 2 nœuds. Des relevées d’adventices apparaîtront alors plus tard.

La flore évolue également avec la présence de chénopodes, de renouées, d’ombellifères, de gaillet et de vivaces (chardon, rumex, lychnis dioïque). Il est donc conseillé d’employer des herbicides antidicotylédones comme Pixxaro à 0,5 l/ha, Zipar à 1 l/ha ou encore Omnera LQM à 0,75-1 l/ha (1). Tous trois disposent en effet d’un spectre d’action complet.

Quelle que soit la stratégie herbicide adoptée, il faudra réfléchir à mettre en place des leviers agronomiques (faux semis, labour, décalage de date semis…). Le réseau social de Bayer va dans ce sens (lire l’encadré ci-contre).

Céline Fricotté

(1) Voir article Herbicides céréales : la gamme accueille cinq nouveaux produits,dans La France agricole du 15 septembre 2017, page 32.

Un réseau social dédié au désherbage

Capital Propreté Parcelles est le premier réseau social français dédié au désherbage. Il a été lancé, début octobre, par la société Bayer. « Face à la problématique de désherbage qui se complexifie, seul le partage d’expérience et de savoir-faire mènera vers les meilleures solutions. Encourager l’évolution positive des pratiques en matière d’agronomie et d’utilisation d’herbicides implique de favoriser l’échange autour de ces pratiques », estime la firme.

Le réseau est animé pour le moment par huit exploitants, mais aussi par des experts en désherbage. Les agriculteurs, basés dans des régions de grandes cultures (Gers, Moselle, Marne, Essonne Charente-Maritime…), ont des types d’exploitation variés et mettent en œuvre des pratiques culturales différentes. Ils partagent l’actualité de leurs parcelles (dix au total) en publiant des posts et les experts en grandes cultures répondent aux questions posées.

Pour les suivre et interagir, rendez-vous sur http://www.bayer-agri.fr/reseau-cpp/

D. R.
Des herbicides réévalués

L’isoproturon (IPU) a été retiré des ventes fin septembre 2016 et ne peut plus être appliqué depuis début octobre 2017. Arvalis-Institut du végétal indique qu’il y aura des reports vers le prosulfocarbe, dans des associations avec du DFF ou du Carat ; vers les bases flufénacet (Fosbury, Trooper) ; vers le chlortholuron (pour les variétés tolérantes et sur parcelles non drainées) et vers les bases de pendiméthaline (Prowl 400, Codix, Flight, Celtic…), pour contrer le vulpin.

La Commission européenne vient de renouveler l’approbation de la pendiméthaline pour sept ans. Cette étape de réapprobation est un préalable à l’évaluation des spécialités commerciales (avec pendiméthaline seule ou associée). « Cela ne présage donc en aucun cas le devenir réglementaire, et notamment des restrictions spécifiques, des spécialités concernées au niveau français », précise Arvalis. L’institut rappelle qu’avec le retrait de l’IPU, il est important d’avoir accès à cette molécule.

L’Anses a rendu, le 21 septembre, un avis sur les produits à base de prosulfocarbe, dans le cadre d’une demande de renouvellement des autorisations de mise sur le marché. Désormais, il est obligatoire de les appliquer en utilisant un dispositif antidérive.

Pour les spécialités Daiko et Datamar, la dose homologuée sur céréales à paille est désormais de 3 l/ha (contre 2,5 l/ha auparavant). « Une dose qui permet d’augmenter leur efficacité au sein d’associations classiques », estime Arvalis. Leur dispositif végétalisé permanent, ou DVP, est désormais de 5 mètres – et non plus de 20 – en bordure des points d’eau pour les applications d’automne et d’hiver. Les produits Défi, Minarix et Spow sont soumis à un DVP de 5 mètres en bordure de point d’eau pour les applications d’hiver. Pour Roxy 800 EC et Fidox 800 EC, il n’y a pas de modification d’usage, mais Arvalis précise qu’une instruction est en cours au sujet d’un DVP, alors qu’actuellement il n’en existe pas.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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