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La gamme des herbicides d’automne se renforce

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Pour éviter l’apparition d’adventices résistantes, Arvalis conseille d’alterner les modes d’action, en complément de la mise en œuvre de la lutte agronomique. © S. Leitenberger

Aclonifène, métribuzine, flufénacet… les spécialités dernièrement homologuées apportent de la variété dans les modes d’action.

Pour la prochaine campagne, six herbicides viennent s’ajouter à l’offre sur céréales à paille. L’homologation des produits étant désormais portée par le désherbage d’automne, tous sont composés de flufénacet seul ou associé.

« En l’absence de nouveautés, les firmes phytosanitaires sont allées rechercher deux anciennes substances actives, afin d’apporter de nouveaux modes d’action antigraminées », estimait, dans sa lettre Actualités phyto de juin, la Driaaf (1) d’Île-de-France. Deux produits proposés par Bayer sont composés de molécules inédites, ou presque, sur céréales, qui sont des solutions complémentaires dans la gestion des adventices résistantes.

Avec Mateno, c’est l’arrivée de l’aclonifène, une substance active racinaire et foliaire (groupe Hrac F3) bien connue sur tournesol et pois, qui est autorisée sur blé tendre seulement. Avec une dose moindre de cette molécule (450 g/l) associée à 75 g/l de flufénacet et 60 g/l de diflufénicanil, il permet d’être, en moyenne, au niveau des références du marché sur graminées comme sur dicotylédones. « Techniquement, Mateno se comporte bien seul, informe Ludovic Bonin, d’Arvalis. Mais compte tenu de son prix élevé, 78 €/ha à la dose homologuée, nous ne l’avons pas associé à d’autres spécialités dans nos essais. »

Flufénacet omniprésent

Xinia contient, pour sa part, 171 g/l de flufénacet et 171 g/ha de diflufénicanil, ainsi que 64 g/ha de métribuzine. Arvalis précise que cette dernière substance appartient au groupe Hrac C1. La métribuzine était présente dans l’antidicotylédones Galice jusqu’au début des années 2000. Elle est actuellement autorisée sur pommes de terre à des doses bien plus élevées. « Seul, Xinia n’est pas suffisant, ajoute Ludovic Bonin. En revanche, à la dose autorisée de 0,7 l/ha, associé avec Défi 3 l/ha par exemple, son niveau d’efficacité est équivalent, voire supérieur, à Défi 2,5 l/ha + Fosbury 0,6 l/ha. » Malgré les essais de l’institut, Bayer ne recommande pas pour le moment cette association, ainsi que celle avec Daiko. Son autre avantage est qu’il permet d’ouvrir les possibilités en blé dur.

Belchim Crop Protection propose Glosset 600 SC. Composé seulement de 600 g/l de flufénacet, c’est un produit à associer. Arvalis l’a testé à 0,3 l/ha avec du prosulfocarbe (Roxy 800 EC à 3 l/ha) et du diflufénicanil (Toiseau à 0,24 l/ha), avec une efficacité meilleure sur ray-grass que sur vulpin.

Merkur (Adama) contient 80 g/l de flufénacet, 20 g/l de diflufénicanil et de 333 g/l de pendiméthaline. Associé, il a un spectre antigraminées au niveau des références, et est quasiment complet sur dicotylédones. En revanche, cet herbicide est assez onéreux (69 €/ha).

Composé de 240 g/l de flufécanet et de 100 g/l de picolinafène, Pontos (BASF) présente un bon spectre sur dicotylédones. « Les efficacités sont bonnes sur vulpin en prélevée et postlevée », complète le spécialiste. La firme a également obtenu récemment l’homologation de Quirinus, qui ne comporte pas les mêmes ratios de flufénacet et de picolinafen. Il n’a pas été testé par Arvalis.

Céline Fricotté

(1) Direction régionale et interdépartementale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt.

Réglementation toujours plus stricte

Les produits qui viennent d’être homologués doivent avoir un DVP (dispositif végétalisé permanent) de 20 mètres à l’automne. Xinia, contenant de la métribuzine, ne peut pas être appliqué plus d’une année sur trois. Ils sont également tous interdits sur sols drainés. « C’est un vrai problème. À  l’automne, le nombre de spécialités autorisées sur sols drainés ne cesse de diminuer, indique Ludovic Bonin. Si des produits tels que Trooper, Fosbury ou Défi... sont encore utilisables, on peut imaginer que lorsque les molécules qu’ils contiennent seront réhomologuées au niveau européen, les spécialités comporteront, à leur tour, ce type de restriction. »

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Cet article est paru dans La France Agricole

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