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Bromes : viser l’élimination dès la moisson

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Impact. À forte densité, le brome stérile peut provoquer la verse du blé. © V. Thècle

Dans le combat contre les bromes, l’agronomie prend souvent le pas face à la seule lutte chimique.

Qu’ils soient stérile, mou ou faux-seigle, les bromes sont très pénalisants pour les céréales avec des pertes de rendement atteignant 10 à 15 q/ha et des risques de verse dans les zones les plus denses. Ils sont largement répandus sur l’ensemble du territoire, avec une préférence pour les sols secs.

Même si la lutte chimique est possible dans une majorité de cultures, elle s’avère difficile dans les blés et les orges en raison du faible nombre de molécules disponibles et de leur efficacité partielle (80 % maximum). Par ailleurs, elles appartiennent toutes au groupe des inhibiteurs de l’ALS, à l’exception du triallate (Avadex 480, Parnass C) utilisable uniquement sur orge, ce qui peut conduire à l’apparition de résistances. « C’est pourquoi la lutte doit s’appuyer également sur des actions destinées à prévenir la colonisation des parcelles et sur une gestion efficace de l’interculture », déclare Edouard Baranger, ingénieur Arvalis à Bourges (Cher).

La première mesure facile à mettre en œuvre consiste à tenir propres les bordures de champs afin d’éviter la dispersion des graines de bromes. Des broyages ou fauchages réguliers sont préférables au désherbage chimique avec du glyphosate qui favorise souvent de nouvelles levées. Plus « écologique », l’implantation sur les périmètres ou bords de chemins d’espèces capables d’occuper le terrain à la place des bromes (fétuques, légumineuses). De même, lors de la récolte, il est recommandé de faucher en dernier les parcelles ou les zones infestées afin de limiter la dispersion aux autres champs via la moissonneuse.

Faible dormance

Les bromes qui fleurissent de mai à août produisent jusqu’à 500 graines/plante. Elles ont la faculté de germer dès qu’elles touchent le sol si les conditions d’humidité sont suffisantes. « Cette très faible dormance peut se révéler un atout pour qui sait l’exploiter, poursuit Edouard Baranger. Comme les bromes lèvent essentiellement en fin d’été et à l’automne, la pratique des faux-semis est vraiment intéressante. »

Avec une profondeur de levée entre 0 et 6 cm, les outils de type herse Magnum ou déchaumeurs à disques, qui permettent des déchaumages très superficiels, sont parfaitement adaptés à cette fonction. Un roulage améliore encore la qualité du travail. Quand la météo le permet, un minimum de deux passages élimine une bonne part du stock semencier. Toutefois, des essais conduits par Arvalis ont démontré l’impact encore plus fort de la combinaison des déchaumages suivis d’un labour. Cette succession de travaux, quand elle est réalisée à bon escient, élimine de 90 à 95 % des graines en une seule année. « Même si cela peut déranger certains adeptes des TCS, dans les parcelles très infestées, le retour ponctuel au labour se révèle quasi incontournable », insiste Edouard Baranger.

Autre voie complémentaire, le décalage de la date de semis de la céréale d’une quinzaine de jours (1re quinzaine d’octobre à la seconde) accroît sensiblement le taux de destruction des bromes.

Vincent Thècle
Cultures de printemps contre bromes

Comme les autres graminées adventices, les bromes sont plus faciles à combattre dès lors que la rotation inclut des cultures de printemps. Sous réserve que cela soit économiquement possible, l’allongement de la rotation et l’introduction d’une culture de type pois, maïs ou tournesol, qui fait alterner les périodes de semis entre automne et printemps, est néfaste aux bromes. De plus, les cultures semées à grand écartement autorisent un désherbage mécanique qui, s’il est effectué en bonnes conditions (sol ressuyé, temps sec derrière, adventices jeunes), supprime une partie du stock semencier. Enfin, certains herbicides dédiés aux cultures de printemps possèdent un mode d’action différent de ceux homologués sur blé.

Omniprésents

Des trois bromes, le brome stérile est de loin le plus répandu en France, colonisant tous les types de sol et de nombreuses cultures à l’exception des plantes sarclées.

Plus rare, le brome mou apprécie les céréales d’hiver ainsi que les vignes et les vergers.

Quant au brome faux seigle, il colonise exclusivement les céréales et affectionne moins le pourtour méditerranéen.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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