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Assurer le démarrage des colzas en tous milieux

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En fonction du sol - Assurer le démarrage des colzas en tous milieux
En limon, le travail profond est nécessaire au développement des plantes. © V. Thècle

Valentin Dendauw adopte une conduite différenciée selon les terres de l’exploitation.

Valentin Dendauw et sa mère gèrent l’EARL du Rosier, dans l’Indre, composée de deux îlots distincts. Un premier bloc, de 177 ha, situé à Montierchaume, comprend une majorité de sols limono-argileux et argilo-limoneux à bonne réserve utile (RU) – 120 mm –, où l’objectif de rendement en colza voisine 40 q/ha. À proximité d’Issoudun, le second groupe de parcelles argilo-calcaires (51 ha) permet tout juste de viser 30 q/ha.

Protéger la structure des limons

« Près d’Issoudun, le colza demeure incontournable, car avec une RU de 70-80 mm, les têtes de rotation de type tournesol ou maïs sont inenvisageables, regrette le jeune agriculteur. Du coup, il revient tous les trois ans. À Montierchaume, tournesol et maïs en sec s’intercalent entre les céréales et permettent des rotations plus longues, qui limitent la pression des insectes. Dans les deux cas, la culture est implantée après une orge ou un blé. »

Afin de limiter la faim d’azote du colza, induite par la décomposition des pailles, celles-ci sont systématiquement enlevées. Cette pratique, qui facilite également l’obtention d’un lit de semences homogène, est toutefois susceptible de provoquer du tassement, parfois difficile à gérer pendant une période courte.

Dans les terres limoneuses, déjà très sensibles à la compaction hivernale, l’objectif premier de Valentin consiste à restaurer la structure : « Sitôt les parcelles débarrassées, nous effectuons une fissuration avec un outil à dents, sur une profondeur de 20 à 25 cm. Dans la foulée, nous affinons les premiers centimètres avec un déchaumeur à disques et nous roulons systématiquement. Ces trois interventions se déroulent sur dix jours au maximum et, si possible avant fin juillet. Ensuite, le terrain est laissé en l’état jusqu’au semis. »

Selon leur densité et la pluviométrie de l’été, les repousses sont gérées au glyphosate, ou au vibroculteur sur 5 cm, procédé qui présente l’inconvénient d’assécher le terrain. Le semis est réalisé au semoir monograine, à la densité de 25-30 grains/m² de variété hybride. « La bonne période d’implantation s’étale entre le 15 août et le 15 septembre, explique l’agriculteur. Dans ces terres fines, où la levée pose rarement un problème, sauf en cas de forte pluie qui risque de provoquer la formation d’une croûte de battance, l’objectif est d’assurer une bonne installation, sans risquer l’élongation automnale. »

Assurer la levée en argilo-calcaires

La problématique est tout autre dans les argilo-calcaires, où la structure est nettement moins sensible au tassement, mais l’humidité souvent insuffisante pour assurer une levée rapide et homogène. Ainsi, le déchaumeur à dents n’intervient qu’en cas de début d’été humide, lorsque la moissonneuse ou la presse tassent trop. Une reprise sur 15 cm de profondeur suffit alors à restaurer le profil.

Lors des étés secs, le jeune agriculteur privilégie le non-travail du sol et installe ses colzas en semis direct. « Dans ce contexte, nous essayons de semer première quinzaine d’août, juste avant une pluie annoncée, poursuit Valentin. Ici, la densité monte à 50 grains/m², pour tenir compte des pertes dues à la pierrosité et au moindre développement du colza. L’objectif est d’obtenir une levée au 1er septembre, afin d’avoir des plantes assez fortes pour résister aux attaques de grosses altises, qui arrivent courant octobre, et de se passer d’insecticide. L’engrais localisé au semis (NP) et l’intervention précoce sur les repousses de céréales pour contrer la concurrence aident aussi au démarrage du colza. »

Vincent Thècle

Associations en projet

Dès les prochains semis, Valentin Dendauw envisage de semer des colzas associés à des légumineuses. « Nous allons tester colza + féverole à Montierchaume, et colza + trèfle blanc à Issoudun, cette fois dans le but de disposer d’un couvert vivant où semer le blé suivant en direct. Enfin, à horizon d’un à deux ans, j’envisage de m’équiper d’un matériel de strip-till, qui permettrait de limiter le travail du sol en limons à la seule ligne de semis. »

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Cet article est paru dans La France Agricole

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