En 2022, la France comptait 134 000 hectares de pois et 68 000 hectares de féverole, soit des surfaces en recul de 32 % et 15 % respectivement sur un an. "Les rendements insatisfaisants en 2021 et le contexte élevé des prix des céréales et oléagineux n'ont pas encouragé la mise en culture des protéagineux cette année", constate Maëlle Simmen, de Terres Univia.

Alors que dans les années 2000, les rendements moyens en pois se situaient entre 40 et 50 q/ha, ils s'élèvent désormais entre 30 et 40 q/ha. "À 29 q/ha en 2022, ils n'ont pas permis de compenser la baisse des surfaces", souligne la spécialiste. La production de pois était ainsi de 394 000 tonnes en 2022, contre 572 000 tonnes en 2022.

Délocalisation des surfaces

Plusieurs facteurs expliquent ce repli des rendements, notamment la multiplication d'aléas climatiques, avec des stress hydriques de plus en plus précoces, qui apparaissent avant la floraison, stade sensible. Par ailleurs, la délocalisation des surfaces cultivées en pois des zones à potentiel de rendements élevés du nord de la France vers les zones intermédiaires aux sols plus superficiels, tire également les rendements vers le bas. Cet abandon de la zone nord est en partie liée à la présence de la maladie racinaire Aphanomyces.

Avec un rendement de 23 q/ha en 2022, la production de féverole s'élevait à 159 000 tonnes cette année, contre 189 000 tonnes en 2021. Les rendements de la culture sont également en baisse ces dernières années, "là aussi en lien avec un déplacement des zones de production ainsi que les aléas climatiques, mais également en raison de l'augmentation de la part de féverole cultivée en bio (25 % des surfaces, contre 6 % pour le pois), et de la part de féverole d'hiver (50 %), aux rendements plus bas que celle de printemps", explique Maëlle Simmen.