Miser sur la qualité pour trouver un second souffle sur les marchés. Ce pari est aujourd’hui celui de la trentaine de producteurs de carottes de sables de Créances qui ont adhéré au label rouge « Carotte des sables ».

Ce label qui fût le premier label rouge décerné pour un légume en 1967 a été renforcé par un nouveau cahier des charges entré en vigueur le 27 juin dernier. Il comporte désormais des exigences en matière d’agroécologie et l’obligation d’une rotation de trois ans au minimum.

Ces dispositions interviennent alors que la filière cherche un nouvel élan. Faute de solution technique depuis l’interdiction du produit phytosanitaire 1-3 D contre les nématodes à kystes en 2018, la production sous label a  dévissé de moitié, suivant la même tendance que l’ensemble du bassin de production de carotte de la côte ouest du Cotentin. Même si des itinéraires techniques de remplacement ont été mis en place, la monoculture n’est aujourd’hui plus envisageable et dans presque tous les cas, les rendements sont inférieurs.

Réflexion en poireaux

 « Aujourd’hui, la production annuelle de carotte des sables sous label rouge (exclusivement cultivée dans le bassin de Créances NDLR) est tombée entre 1 000 et 1 500 tonnes", explique Philippe Jean quelques jours après l’ouverture de la campagne de récoltes le 4 octobre 2022. Il est président de l’organisme de défense et de gestion et producteur sur 42 ha avec dix salariés . "Mais d’ici à trois ou quatre ans, nous aimerions croître à 4 000 tonnes, poursuit-il. Nous voulons que la carotte des sables sous label rouge devienne véritablement la référence en matière de carotte non lavée. Nous avons un produit haut de gamme qui se différencie clairement."

Sachant que les exploitations du bassin produisent très généralement des poireaux, les producteurs ont également déposé un dossier pour obtenir un label rouge "Poireaux des sables ". Si tout va bien, les premiers poireaux sous label pourraient être commercialisés au cours de l’hiver 2023-2024.