Dans le dernier bulletin Mars, publié le 20 juin 2022, la Commission européenne a abaissé ses perspectives de rendement dans l’Union européenne (UE) pour le blé tendre (à 55,6 q/ha), le blé dur (à 34,4 q/ha) et l’orge d’hiver (à 57,3 q/ha), qui passent désormais « juste en dessous de la moyenne quinquennale ».

 

Les prévisions de juin 2022 pour le colza (31,2 q/ha), le maïs grain (78,7 q/ha) et le tournesol (23,7 q/ha) ont également été revues en baisse, « mais restent au niveau, ou juste au-dessus de la moyenne quinquennale », précise la Commission européenne.

 

Les estimations pour la betterave à sucre (78,1 t/ha), les pommes de terre (35,7 t/ha), le soja (29,9 q/ha) ainsi que l’orge de printemps (41,9 q/ha) restent globalement inchangées.

Des conditions plus sèches que d’habitude

La Commission européenne justifie ces baisses par la persistance de conditions plus sèches que d’habitude sur de grandes parties de l’Europe, « avec les impacts les plus forts dans les régions où elles sont combinées à des températures élevées ».

 

Le rendement du blé tendre a été révisé à la baisse dans treize des vingt-cinq pays producteurs de l’Union européenne, et en particulier en Hongrie, Roumanie, Pologne et France. Contrairement à l’Italie où les cultures d’hiver et d’été ont été affectées par la sécheresse, la Commission européenne estime qu’en France, seules les cultures d’hiver ont été impactées pour le moment.

 

À lire aussi : Le manque d’eau devrait pénaliser le rendement des céréales en France (10/05/2022)

Accélération du développement des céréales d’hiver en France

« La France a connu des conditions exceptionnellement chaudes et sèches en mai » qui ont accéléré le développement des céréales d’hiver, résume le bulletin Mars. « L’épiaison est désormais terminée sur l’ensemble du territoire, observe la Commission. Les températures élevées combinées à l’important déficit hydrique ont été fortement défavorables, et ont surtout affecté les régions du sud et de l’ouest où les cultures étaient les plus avancées. » Selon Bruxelles, les précipitations du début de juin sont arrivées trop tard pour y préserver le potentiel de rendement.

 

La vague de chaleur entre le 13 et le 19 juin devrait par ailleurs avoir pénalisé le remplissage des grains. « Les perspectives de rendement des cultures d’hiver sont globalement négatives, avec un contraste entre le nord de Paris où des rendements proches de la moyenne sont attendus, et les régions sud et ouest où les dégâts ont déjà réduit le potentiel de rendement », indique le bulletin. La Commission table sur un rendement en France de 68,5 q/ha en blé tendre, 52,9 q/ha en blé dur et 61 q/ha en orge d’hiver.

 

À lire aussi : Les orages de grêle ont dévasté leur exploitation (16/06/2022)

Le potentiel des cultures d’été se maintient

Le développement des cultures d’été a également été affecté par les conditions de sécheresse du mois de mai dans l’Hexagone, estime la Commission. « Au nord, la pluviométrie limitée de la mi-mai et les pluies abondantes du début de juin, combinées à des températures chaudes, ont été favorables, tandis qu’au sud, le manque d’eau et les éventuelles restrictions d’irrigation pour les mois à venir risquent de réduire le rendement potentiel, indique-t-elle. Néanmoins, nous maintenons les perspectives de rendement des cultures d’été au niveau tendanciel. »