Au sein de la ferme France, il faut « veiller aux synergies entre le monde animal et le monde végétal », a annoncé Éric Thirouin, le président de l’AGPB, Association spécialisée de la FNSEA, réunie en congrès à Paris le mercredi 8 juin. « Les perturbations des marchés liées à la guerre en Ukraine nous invitent à accélérer nos réflexions », a-t-il souligné.

Construire des ponts entre céréaliers et éleveurs

« Une piste à creuser » est, selon le président de l’AGPB, les incitations fiscales, « qui permettraient de proposer, sur la base du volontariat, des dispositifs gagnants-gagnants entre céréaliers et éleveurs », a-t-il expliqué.

 

« Nous allons y travailler dans les prochaines semaines, avec l’ensemble des associations spécialisées », a-t-il promis, et le cas échéant, une expérimentation pourrait être lancée, avec la filière porcine. Ce sujet a d’ailleurs été abordé lors du déjeuner avec le ministre de l’Agriculture, Marc Fesneau, alors présent. Pour Éric Thrirouin, il faut « débloquer ce frein culturel à s’engager sur plusieurs années entre céréalier et éleveur ».

Respecter les contrats

Dans l’assistance, un producteur s’interroge : « Des agriculteurs se sont engagés à l’automne dernier sur des prix qui leur paraissaient très bons, et même, l’année dernière, sur des contrats de trois ans. Ces prix paraissent aujourd’hui ridicules. Certains menacent de ne pas livrer. »

 

« Toute la solidarité et la solidité de notre filière reposent sur le respect des contrats, a insisté Éric Thriouin. Cela fait mal de voir les prix qu’on a contractualisés à l’époque et les prix d’aujourd’hui, mais cela nous rappelle qu’il ne faut pas mettre tous nos œufs dans le même panier, il faut vendre un peu tout le temps, utiliser les outils de couverture du marché à terme… » Il a également rappelé le rôle « essentiel » des organismes stockeurs pour mutualiser les risques et optimiser les circuits de logistique.

Défendre une Europe souveraine

Dans le contexte géopolitique actuel, « les repères sont bousculés ». « L’Europe doit revoir son approche de l’agriculture, a martelé Éric Thirouin. Il faut nous battre pour réintégrer l’objectif de souveraineté dans la stratégie Farm to Fork, et redonner une ambition de croissance au Green Deal. »

 

« Le vent tourne, a souligné Christiane Lambert, présidente de la FNSEA. La crise Covid, la guerre en Ukraine ouvrent les yeux des dirigeants européens. Sans le conflit, on aurait eu du mal à se faire entendre sur le Green Deal. »