«Quand nous avons dé­marré nos essais en 2007, les producteurs en conversion étaient préoccupés par le niveau des rendements, inférieurs à ce qu’ils connaissaient en conventionnel. La fertilisation des vergers adultes a été l’une de nos priorités », expliquait mi-mars à Angers (Maine-et-Loire), dans le cadre des Entretiens cidricoles du Sival, Nathalie Corroyer, de la chambre d’agriculture de Normandie.

De l’azote organique à la mi-mars

En particulier, la chambre s’est intéressée à la fertilisation organique de printemps avec un essai reconduit huit ans de suite dans deux vergers de l’Eure et du Calvados.

À raison de 80 unités apportées à la mi-mars, « nous avons comparé du guano, du fumier de bovin et de la vi­nasse de betterave avec un témoin non fertilisé. Cet apport d’azote 6 à 7 semaines avant la floraison est aujourd’hui une préconisation de base. Son effet sur le retour à fleur et la production est net ». La chambre recommande 6 à 7 t/ha de produit brut ; si possible des fientes de volailles. De fait, dans l’essai, le fumier de bovin s’est avéré trop variable et trop lent à minéraliser. Quant à la vinasse, trop riche en potasse, elle fait courir un risque de blocage de la magnésie.

Crucial, le désherbage des jeunes vergers a été une autre priorité. Les essais se sont concentrés sur l’implantation de couverts : bâche tissée, mulchs (anas de lin et écorces) et enherbement à base de pâturin. « Une technique à éviter absolument à la plantation car trop concurrentielle mais intéressante et sans incidence à partir de 3/4 feuilles », précise Nathalie Corroyer. Dans les essais, les mulchs ont montré une très belle efficacité et une bonne durée de vie. « Toutefois, relève Anne Guérin (IFPC), leur coût reste élevé et on perd l’azote utilisé pour leur dégradation. » Quant à la bâche tissée, elle a l’intérêt de durer (8 ans et plus) et d’être compatible avec une récolte au sol. Elle pose cependant des soucis de campagnols et d’entretien des abords. Le chantier d’enlèvement reste compliqué, voire rédhibitoire.

Anthonome et tavelure

Du côté des ravageurs, la gestion de l’anthonome a donné lieu à une quinzaine d’essais. Parmi les produits comparés (7), le Success 4 sort en tête avec 60 à 100 % d’efficacité. « Avec toutefois deux applications », précise la conseillère, qui préconise un pointage 4-5 jours après la première. Concernant les autres produits, l’argile, qui présentait un certain intérêt mais nécessite des doses importantes, va être retravaillé. Pour la terre de diatomée, « les résultats ne sont pas bons en pulvérisation ; ils sont plus intéressants si on utilise une poudreuse ». La tavelure « se gère très bien en préventif avec du soufre et du cuivre », indique la chambre, qui a aussi eu des résultats intéressants en curatif, « à condition de travailler dans un délai de 125 degrés-heure (DH) (1), soit 12 h à 5° ». Toujours en curatif, le Curatio - appliqué autour de 350 DH - a donné de très bons résultats. Des essais sont en cours pour vérifier l’efficacité des bicarbonates de potassium en curatif. Anne Mabire

(1) Délai d’intervention corrélé à une température moyenne.