« Le rendement moyen national du soja atteint 29 q/ha en 2021, soit une hausse de 13 % par rapport à la moyenne quinquennale », se félicitent Terres Inovia(institut technique) et Terres Univia (interprofession), dans un communiqué de presse paru le 21 décembre 2021. Les surfaces ont atteint 157 000 ha, soit 14 % de plus qu’il y a cinq ans.

 

Les résultats sont bons dans tous les bassins historiques :

  • Dans le Sud-Ouest, les rendements sont estimés en moyenne à 30 q/ha, dépassant les résultats de 2015 et 2017, et allant de 23 q/ha en conduite pluviale (ou en sec) à 38 q/ha en conduite irriguée.
  • Dans la Région Bourgogne-Franche-Comté, ils se positionnent dans la moyenne nationale à 29 q/ha, avec de meilleurs résultats pour les semis de la fin d’avril ou du début de mai (35-40 q/ha).
  • En Alsace, le soja devrait se situer entre 35 et 40 q/ha.
  • Tout comme dans la Région Rhône-Alpes, ce qui constitue, pour ce bassin, de très bonnes performances.

Hétérogénéité dans les nouveaux bassins de production

Dans les nouveaux bassins de production, les rendements sont hétérogènes :

  • En Auvergne, ils se situent dans la moyenne nationale, voire la dépasse (30-32 q/ha).
  • Dans le quart nord-ouest de la France, les résultats vont de 10 à 40 q/ha avec une moyenne de 27 q/ha, du fait de pertes à la levée importantes. Ces dernières ont en effet pu atteindre 20 à 40 % dans l’ouest et le sud de la France, du fait des températures fraîches du mois de mai qui ont entraîné des levées lentes et ont favorisé l’exposition du soja aux ravageurs de début de cycle (oiseaux,gibiers et mouches du semis).

 

L’état sanitaire des sojas a été généralement bon. La présence de maladies a été hétérogène à cause des conditions humides de l’été. « Les bassins historiques, et particulièrement le Sud-Ouest, ont été impactés par le sclérotinia, notamment dans le Gers et le Lot-et-Garonne, décrivent Terres Inovia et Terres Univia. La variabilité des attaques est due principalement à la fréquence de retour sur la parcelle de cultures hôtes (colza, soja, tournesol…), la pluviométrie et la correspondance plus ou moins importante entre floraison et sporulation du champignon. »

 

> À lire ausi : Anticipation risques maladies sclérotinia sur soja, miser sur la lutte préventive (14/10/2021)

Forte hausse des marges brutes entre 2020 et 2021

Du fait d’une conjoncture économique favorable, les marges brutes du soja devraient être en hausse « marquée » entre 2020 et 2021, estimée à +38 % pour une même gamme de rendements (en conduite pluviale ou irriguée). Pour un prix de vente compris entre 400 et 500 €/t, la marge brute du soja se situerait en conduite irriguée autour de 1 100 €/haet de 760 €/ha en conduite pluviale.

 

« La maîtrise de la date de semis et le choix variétal constituent deux éléments cruciaux pour sécuriser la récolte et limiter des frais de séchage en augmentation à cause du renchérissement de l’énergie », précisent les organisations.

 

Pour la campagne de 2022, du fait de la forte progression du coût des engrais, « le soja pourra valoriser son indépendance vis-à-vis des engrais azotés, pointe la filière. Les effets économiques positifs du précédent soja sur le maïsseront également renforcés. »

 

Selon l’institut technique, « la culture du soja permet, par exemple, une économie de 30 à 50 unités d’azote dans la fertilisation azotée du maïs suivant par rapport à un précédent en maïs (soit 30 à 60 €/ha d’économie de charges). De plus, ses faibles résidus permettent de réduire les coûts d’implantation de la culture suivante. »

 

> À ire aussi : Protéines végétales : la filière du soja français optimiste (26/10/2021)

Tension sur le tourteau de soja non OGM

Autre élément : la tension du marché sur le tourteau de soja non OGM d’importation est très forte en Europe. « L’écart de prix entre le tourteau de soja 48 % (de protéines) d’importation non OGM et standard (c’est-à-dire OGM) dépasse +450 €/t sur la campagne en cours de 2021-2022 alors qu’il était compris entre +100 et +150 €/t de tourteau entre 2012 et 2020. « Cette tendance renforce l’intérêt de développer et consolider une filière française durable de soja tracé origine France, au bénéfice de la souveraineté alimentaire française », soulignent l’institut technique et l’interprofession.

250 000 ha en 2025

L’ambition de la filière est d’atteindre l’objectif de 250 000 ha en 2025. Afin d’accompagner les agriculteurs vers cet objectif, le projet « Accroître la compétitivité et la durabilité des productions oléoprotéagineuses » du programme Cap Protéines a été mis en place. En 2021, un « réseau de 12 observatoires agronomiques pluriannuel a été suivi, soit 185 parcelles représentatives d’un contexte de production et adossées au minimum à un essai servant de support à une ou plusieurs problématiques locales. »

 

« La volonté politique affichée par le plan protéines français offre de belles perspectives au soja et accompagne la dynamique de cette culture, écrivent les organisations. La Pac à venir (2023-2027) renforcera les moyens apportés à la culture au travers du premier pilier par un système d’éco-régime et par une aide couplée sectorielle. »

 

> À lire ausi : Protéines végétales : les six propositions de la filière des oléoprotéagineux (25/11/2021)