Dans ses dernières prévisions publiées le 8 avril 2022, la FAO, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, a réévalué ses estimations faisant suite aux répercussions du conflit en Ukraine sur les marchés des céréales, en particulier celui du blé.

 

« La fermeture des ports en Ukraine devrait considérablement limiter les exportations du pays, tandis que des difficultés financières et des problèmes de fret ralentissent les exportations de la Fédération de Russie. […] Les pertes d’exportations attendues dans la région de la mer Noire devraient se traduire par une baisse des expéditions en provenance et à destination de la région, ainsi que par une hausse des prix mondiaux, une diminution des importations, un ralentissement de la croissance de la demande et un recul des stocks plus important que prévu dans plusieurs pays », explique la FAO.

Une production de céréales en légère progression

Pour 2022, la FAO prévoit une production mondiale de blé à 784 millions de tonnes, soit une progression de 1,1 % par rapport à 2021 malgré le conflit qui sévit en Ukraine. Ces prévisions tiennent comptent du fait que la baisse attendue de la production dans l’Union européenne et en Ukraine soit compensée par des conditions plus favorables en Amérique du Nord et en Fédération de Russie.

 

« La production de blé en Ukraine devrait descendre en dessous de sa moyenne quinquennale, principalement parce que l’on prévoit qu’au moins 20 % des superficies plantées en hiver ne seront pas récoltées, en raison de destructions directes, de difficultés d’accès ou d’un manque de ressources pour récolter », explique la FAO.

 

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De son côté et malgré des conditions favorables dans la plupart des régions, les déficits de pluviométrie qui persistent dans les pays européens devraient limiter la production de blé dans l’Union européenne.

 

Toutefois, « l’accroissement des superficies plantées au Canada et aux États-Unis d’Amérique induit par les prix sous-tend les hausses de production attendues. La production de blé devrait atteindre 31,2 millions de tonnes au Canada, une hausse considérable par rapport au faible résultat de 2021, et 53 millions de tonnes aux États-Unis d’Amérique, où, toutefois, la longue période de temps sec actuelle est en train de dégrader les perspectives de rendement », indique la FAO.

 

Une moindre utilisation du blé dans l’alimentation animale

Selon les prévisions pour la prochaine campagne, la consommation mondiale de céréales devrait s’établir à 2,789 milliards de tonnes, soit une progression de 1,0 % par rapport à la campagne de 2020-2021.

 

Pour ce qui est du blé, son utilisation pour la campagne de 2021-2022 a été revue à la baisse de 2,4 millions de tonnes du fait d’une utilisation dans l’alimentation animale qui devrait être moins importante que prévu et d’une augmentation des exportations (surtout en Inde et dans l’Union européenne). Néanmoins, la consommation de blé devrait encore progresser de 1,2 % par rapport à 2020-2021.

Des stocks en hausse

Selon la FAO, « les stocks mondiaux de céréales à la clôture de la campagne de 2022 devraient augmenter de 2,4 % par rapport à leurs niveaux d’ouverture et atteindre près de 851 millions de tonnes », en prévision de la baisse attendue des exportations depuis la Russie et l’Ukraine.

 

Si ces ajustements masquent les révisions à la baisse des stocks de plusieurs autres pays, les stocks mondiaux de céréales devraient dépasser leurs niveaux d’ouverture de 2,3 % pour le blé et de 3,1 % pour les céréales secondaires.

 

« Les prévisions concernant les stocks mondiaux de blé et de maïs ont donc été respectivement relevées de 4,5 millions de tonnes et de 8,3 millions de tonnes », indique l’organisation.

Le rapport stock/utilisation de céréales est, quant à lui, estimé à 29,7 %, un niveau en léger recul par rapport à la campagne précédente. Toutefois, la FAO estime que l’offre reste relativement confortable.

Des échanges mondiaux en net recul

Pour la campagne 2021-2022, les prévisions de la FAO sur les échanges mondiaux de céréales ont été réduites de 14,6 millions de tonnes et ramenées à 469 millions de tonnes, soit un recul de 2,0 % par rapport à la dernière campagne.

 

Selon la FAO, cette révision à la baisse s’explique principalement par la diminution attendue des exportations de blé et de maïs de l’Ukraine et de la Russie ainsi qu’au recul des importations dans certains pays qui découlent de ces exportations.

 

« Les estimations concernant les exportations de blé en 2021-2022 ont été abaissées de 5,0 millions de tonnes pour l’Ukraine, compte tenu de la fermeture des ports, et de 3,5 millions de tonnes pour la Fédération de Russie, en raison des difficultés financières et liées au fret », souligne l’organisation des nations unies.

 

« L’évolution de la demande qui en découle devrait faire augmenter les expéditions de blé de l’Union européenne et de l’Inde. Toutefois, ces exportations supplémentaires ne devraient que partiellement compenser les pertes d’exportations dans la région de la mer Noire », ajoute-t-elle.

 

En ce qui concerne les échanges mondiaux de blé, ceux-ci resteront proches des niveaux obtenus lors de la précédente campagne, compte tenu d’une révision à la baisse de 4,2 millions de tonnes par la FAO.

 

Rapport FAO céréales par France Agricole Veille