, paru le 9 décembre 2021, relève que les exploitations de grandes cultures aux bonnes performances environnementales ont en général des revenus inférieurs aux autres.

 

 

« Ces exploitations auraient des rendements plus faibles compensés ni par des charges plus faibles, ni par des subventions plus élevées », précise le rapport, dont l’analyse a porté sur un échantillon de 1 421 exploitations de grandes cultures sur les campagnes de 2018 et 2019 (1).

Une baisse de production non compensée

Cet écart proviendrait principalement du chiffre d’affaires, inférieur de 23 % pour les exploitations à forte et très forte performance environnementale, par rapport à celles à faible et très faible performance. Il serait par ailleurs plus important (−33 %) pour les exploitations spécialisées sur d’autres grandes cultures que les céréales, oléoprotéagineux et protéagineux (COP), comme les plantes sarclées.

 

Le rapport souligne également des consommations intermédiaires plus faibles pour ces exploitations à forte et très forte performance environnementale (de 31 000 euros, soit −23 %). Cependant, « ces charges en intrants inférieures ne permettraient pas de compenser la perte de chiffres d’affaires due à la différence de production », estime l’étude.

 

La valeur ajoutée brute pour ces exploitations serait inférieure de 18 000 euros (−25 %) et l’excédent brut d’exploitation réduit de 13 000 euros (−16 %).

« Un coût d’opportunité non négligeable »

Ces niveaux de revenus inférieurs ne seraient pas compensés par les subventions. En effet, l’étude constate que les exploitations à forte et très forte performance environnementale recevraient en moyenne 2 000 euros de subvention en plus par an : une différence jugée faible et non significative par le rapport.

 

« Adopter des pratiques favorables à l’environnement représenterait donc un coût d’opportunité non négligeable pour les exploitations de grandes cultures. Ceci est un éclairage utile sur le niveau d’engagement de ces exploitations dans la transition agroécologique », affirme l’étude.

 

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Mieux rémunérer les bonnes pratiques

Pour que les pratiques agroécologiques deviennent plus attractives pour les exploitations de grandes cultures, plusieurs pistes d’action sont évoquées par le rapport :

  • Concevoir des subventions « mieux calibrées et mieux ciblées », notamment via les mesures agroenvironnementales et climatiques ;
  • Mieux valoriser les productions issues de pratiques agroécologiques, au travers par exemple de certifications et labels ;
  • Investir dans la recherche et développement pour trouver des solutions doublement performantes.

 

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(1) L’échantillon a couvert l’ensemble de la filière, quels que soient les débouchés, certifications et modes de production. Il a été constitué à l’aide du Rica (réseau d’information comptable agricole) et du RPG (registre parcellaire graphique).