À l’occasion d’un point presse organisé le 16 novembre 2021, Générations futures a présenté les conclusions de son analyse, non exhaustive, du rapport d’évaluation pour le renouvellement d’autorisation (RAR) du glyphosate. Ce document fait l’objet d’une consultation publique jusqu’au 22 novembre prochain.

 

Cette analyse fait suite à une première réaction de l’association en septembre dernier. Elle avait pour objectif de voir si les études universitaires et industrielles étaient traitées de la même manière dans le RAR.

0,4 % d’études universitaires « survivantes »

Générations futures estime que seulement 0,4 % des études universitaires, soit un nombre de 30, retrouvées dans la bibliographie ont été considérées comme « pertinentes et fiables sans restriction ». Ce qui soulève, selon l’association, des failles dans le processus de sélection.

 

« Nous avons notamment constaté le rejet des études parues dans les extraits de conférences, ce qui est contraire à la ligne directrice de l’Efsa (1) », considère Pauline Cernan, chargée de missions scientifiques et réglementaires au sein de l’association.

 

Générations futures juge également que ces 30 études restantes n’ont joué aucun rôle dans l’évaluation des risques CMR (cancérigène, mutagène, reprotoxique) et perturbateur endocrinien du glyphosate.

Des études industrielles non acceptables

Les études fournies par les industriels présentent, selon Générations futures, de nombreux biais méthodologiques, notamment celles portant sur la génotoxicité (dégradation de l’ADN).

 

« Sur un total de 14 études, 10 ont été considérées comme acceptables, et toutes sans effet négatif. Cependant, le nombre de cellules analysées était à chaque fois insuffisant, par rapport à ce qui est indiqué dans la ligne directrice de l’Efsa », affirme Pauline Cernan à titre d’exemple.

 

À lire aussi : Les industriels réfutent les arguments de Générations futures sur le glyphosate (24/09/21)

Réformer les procédures d’évaluation des produits

« Nous avons une impression d’inégalité de traitement entre les études industrielles et universitaires », indique François Veillerette, porte-parole de Générations futures. Selon lui, aucune décision de renouvellement du glyphosate ne devrait être prise sans avoir en amont revu ce processus de sélection.

 

De manière plus générale sur les produits phytosanitaires, Générations futures souhaite « une réforme en profondeur des méthodes d’évaluation » et que la France profite de sa présidence de l’Union européenne à partir de janvier 2022 pour être « moteur » sur le sujet.

 

À lire aussi : Une pétition pour interdire le glyphosate dans l’Union européenne (15/10/21)

(1) Autorité européenne de sécurité des aliments.