Le ministère de l’Agriculture a annoncé le 8 novembre 2021 dans un communiqué de presse, le lancement du nouveau plan « Semences et plants pour une agriculture durable » (SPAD2). Il replace le rôle des variétés, semences et plants au service des objectifs de développement durable adoptés par les 193 États membres de l’ONU visant une transition vers un développement durable à l’horizon de 2030.

 

« Cette nouvelle version du plan succède au plan “Semences et agriculture durable” lancée en 2008 et au plan “Semences et plants pour une agriculture durable” lancé en 2016. Il a été préparé au sein du Comité technique permanent de la sélection des plantes cultivées (CTPS) et associe pour sa mise en œuvre tous les acteurs de la filière française des semences, avec le concours du Géves (Groupe d’étude et de contrôle des variétés et des semences).

Préservation des ressources phytogénétiques

« Il vise à renforcer la préservation des ressources phytogénétiques, la qualité et l’efficience de l’évaluation des variétés en bénéficiant des avancées technologiques, et à mieux valoriser les données acquises, afin de conforter l’apport des semences et plants à ces enjeux (de sécurité et diversité alimentaires, économiques et envionnementaux) », explique Alain Tridon, directeur général du Géves, cité dans le communiqué.

Sélection génétique et changement climatique

Ce plan rénové « fait ainsi écho aux travaux menés dans le cadre du Varenne agricole de l’eau et du changement climatique s’agissant de la contribution de la sélection génétique pour l’adaptation de l’agriculture au changement climatique », précise le ministère de l’Agriculture, qui organisait le 8 novembre 2021 également un webinaire sur ce thème (lire l’encadré).

 

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Ce nouveau plan « Semences et plants pour une agriculture durable » met notamment l’accent sur le rôle des semences dans la diversité cultivée. « Il vise à favoriser les couverts végétaux complexes, qui permettent d’accroître la régulation biologique et la résilience des systèmes de culture, précise le communiqué. Dans ce but, il est par exemple prévu d’évaluer l’aptitude des variétés à la culture en mélange ou en association d’espèces. Aujourd’hui, chaque variété est évaluée séparément. »

 

Par ailleurs, « des actions en faveur de la préservation des ressources génétiques vont être renforcées ». Objectif : faciliter le retour sur le marché de variétés anciennes, et poursuivre les engagements en vue d’une conservation durable des ressources génétiques françaises.

Renforcer l’évaluation des variétés

Le plan SPAD2, en cohérence avec les orientations du volet agricole du plan France 2030 qui s’appuie sur la sélection variétale comme un levier de transformation de l’agriculture, s’articule aussi avec les objectifs de la stratégie européenne « De la ferme à la table ». Il est ainsi prévu de renforcer l’évaluation de l’efficacité des variétés à résister à des ravageurs, à utiliser les minéraux du sol et l’eau. « La prise en compte de ces critères dans l’évaluation des variétés poussera les sélectionneurs à orienter leurs travaux de recherche vers ces caractéristiques », détaille le ministère de l’Agriculture.

 

« Le changement climatique est de plus en plus pris en compte lors de l’évaluation des variétés en vue de l’inscription au catalogue officiel, résume Alain Molinier, président du CTPS. Des défis méthodologiques sont devant nous. » Selon lui, l’apport de la génétique végétale doit être évalué pour être reconnue (notion de progrès génétique). « Elle doit toutefois être combinée avec d’autres solutions pour sécuriser la production végétale », estime-t-il.

Nécessaires technologies d’analyse

Autre axe du plan : renforcer l’évaluation des critères organoleptiques et nutritionnels des variétés (teneur en oméga 3, en protéines…). Des actions en faveur du développement de variétés plus adaptées aux conditions de l’agriculture biologique seront également menées.

 

« Afin de pouvoir évaluer toutes ces nouvelles caractéristiques sans augmenter les coûts pour les déposants, il conviendra de s’appuyer sur les technologies d’analyse les plus récentes, telles que l’imagerie, la robotique, l’intelligence artificielle ou la biologie moléculaire », insiste le ministère.

 

Les recherches sur les légumineuses, confrontées à un déficit d’innovation variétale, vont par ailleurs être renforcées, en appui au plan de structuration des filières des protéines végétales.