Récoltes partielles, impossibilité de ramasser la paille, déclassements ou pertes de qualité des grains, coupes de foin non réalisées, alimentation des animaux en bâtiment… Les conséquences des inondations survenues en juillet 2021 dans plusieurs départements du Grand Est sont multiples. En cause, la pluviométrie, la remontée des nappes et les débordements de cours d’eau, constate la FDSEA de la Marne.

 

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Près de 5 000 hectares détruits dans la Marne et les Ardennes

Les FDSEA, les chambres d’agriculture et les directions départementales des territoires (DDT) des départements concernés ont lancé des enquêtes pour recenser les dégâts et les chiffrer. Dans la Marne, sur 270 réponses au 8 août 2021, 5 501 ha de prairies et 4 339 ha de cultures étaient inondés, dont 1 900 ha de grandes cultures non récoltables, détaille la FDSEA.

 

Dans les Ardennes, les 239 réponses reçues au 16 août 2021 font état de 5 600 ha inondés, dont 2 800 ha non récoltables. Les résultats restent partiels, précise Francis Pierrard, président de la FDSEA des Ardennes.

 

« Sur les parcelles récoltées, on a de gros problèmes de qualité, ajoute Rémi Vanhaesebroucke, responsable du marché des grandes cultures à la chambre d’agriculture de la Marne. Beaucoup de grains de blé sont germés sur pied, avec des poids spécifiques extrêmement bas. En orge d’hiver et de printemps, on est vraiment en dessous des normales en termes de calibrage. »

La profession attend des annonces du gouvernement

« Grâce à ce travail de recensement, on a les hectares. Maintenant on les transforme en euros », explique Mickaël Jacquemin, membre de la FDSEA de la Marne. Le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, est attendu le 3 septembre 2021 à la foire de Chalons-en-Champagne. Les syndicats comptent profiter de sa venue pour négocier des mesures de soutien, chiffrage des pertes économiques et des surfaces de la région à l’appui.

 

Le régime des calamités agricoles est évoqué, mais beaucoup de producteurs de grandes cultures sont assurés, rappelle Rémi Vanhaesebroucke. La profession espère également de la souplesse sur les dates de semis des couverts, ou sur les cahiers des charges des mesures agroenvironnementales, MAE, par exemple. « À certains endroits les champs ne sont redevenus accessibles très récemment », argumente-t-il.

 

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Dans les Ardennes, une délégation regroupant Jeunes Agriculteurs, FDSEA et chambre d’agriculture a rencontré le préfet le jeudi 19 août 2021. Elle a formulé plusieurs demandes de soutien, dont la mise en place d’une commission d’expertise calamités agricoles fourrages. Aucune d’entre elles n’a été entendue à ce jour, précise Francis Pierrard.

 

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