« C’est la première fois que je fais ma rentrée en n’ayant pas fini ma moisson » : Sébastien Windsor. Président des chambres d’agriculture et céréalier en Seine-Maritime, il a expliqué avoir récolté à peine la moitié de ses blés, lors de la conférence de presse de rentrée des Chambres d’Agriculture le 24 août 2021 à Paris. Un cas loin d’être isolé. De nombreux céréaliers français ont affronté un été pluvieux, provoquant moissons à rallonge et mauvais rendements, en quantité et en qualité.

 

Moisson 2021 finie juste avant la pluie ouf, une bonne chose de faite, 1 mois plus tard que l année dernière pic.twitter.com/6oP901z6WE

— Marco (@MarcAntoineBLOT) August 19, 2021

 

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Les récoltes s’annonçaient pourtant bonnes

Au début de l’été, les spécialistes s’attendaient à une moisson digne des meilleurs crus. La production française de blé tendre devait faire un bond de 27,1 % en 2021, à 37,1 millions de tonnes, selon des chiffres publiés au début de juillet par le ministère de l’Agriculture.

 

Au final, elle devrait avoisiner les 35 millions de tonnes, selon un sondage réalisé par Agritel auprès d’un panel d’opérateurs de la filière. « Les intempéries à répétition pendant l’été ont pénalisé le bon remplissage des grains et en ont dégradé la qualité », explique Michel Portier, directeur général du cabinet Agritel, qui a évoqué « une vraie déconvenue ».

 

Résultat, des blés pas aux normes pour la meunerie et de mauvaises surprises : « Un camion parti de mon exploitation a été vendu 235 euros la tonne. La décote a été de 30 euros la tonne » à son arrivée au port de Rouen, explique Christophe Hillairet, céréalier dans les Yvelines. Son blé, initialement destiné à la meunerie, a finalement été déclassé en blé fourrager pour l’élevage.

 

Ça y est le blé est mis au sec. Je viens de finir la moisson sous la pluie évidemment. Maintenant il va falloir négocier avec les acheteurs pour la qualité que je n'ai pas pour des contrats signés il y a longtemps pic.twitter.com/8fsRVuFUvU

— Dubois romain (@Duboisromain13) August 21, 2021

Les disponibilités se réduisent

Ces problèmes de qualité viennent tendre un peu plus les disponibilités en blé meunier, dont les cours, malgré une légère accalmie ces derniers jours, avoisinent encore les 250 euros la tonne sur le marché à terme, des niveaux plus connus depuis huit ans.

 

« Les perspectives de stocks chez les grands exportateurs s’annoncent comme les plus tendues depuis la campagne de 2007-2008 lorsqu’ont eu lieu les premières émeutes de la faim » liées à la crise financière internationale, s’inquiète Agritel.

 

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