«Depuis deux campagnes, Mozzar (halauxifen-méthyl + picloram) a permis de basculer le désherbage du colza vers la postlevée antidicotylédones. Il a déverrouillé cette intervention sur gaillet et géraniums. Près de 25 % des surfaces ont reçu cet herbicide la campagne précédente », commente Franck Duroueix, chez Terres Inovia.

Gestion des graminées

Mozzar étant polyvalent, la seule contrainte existante dans les programmes demeure la gestion des graminées. C’est l’historique de la parcelle qui sert de repère pour savoir s’il faut ou non tout faire en postlevée sur graminées. Les situations qui justifient encore une base « pré » sont avant tout celles à fort risque graminées. En effet, le spectre désormais permis par la postlevée (Mozzar, Ielo, Fox…) gomme souvent les béné­fices apportés jusqu’alors sur dicoty­­lédones par les produits appliqués avant la levée. Il faut alors miser sur une pré­levée à moindre coût sans dépasser 30 à 40 €/ha, avec par exemple 550 à 600 g de métazachlore (1), du dimétachlore seul (Terox, Colzor Uno) ou de la napropamide en présemis. Cette dernière étant plus régulière et efficace sur graminées.

Positionnement optimal

Le restant peut donc se gérer en post­semis en raisonnant en fonction de ce qui a été observé dans les parcelles. Ce qui va déterminer le positionnement de Mozzar, c’est, dans une moindre me­sure, la présence de capselles, en l’ab­sence de prélevée, mais surtout celle de géraniums. Si ces derniers sont nombreux, l’herbicide devra être appliqué à partir de 4-6 feuilles et pas avant le 1er octobre, pour un plus large spectre d’action : d’abord sur géraniums, puis notamment sur les premières levées de gaillet, de matricaires et de véroniques. « Le produit n’ayant quasiment pas d’efficacité racinaire, s’il est positionné trop tôt il décrochera sur le reste », informe Franck Duroueix.

Dans les autres cas de figure, il est possible d’intervenir plus tard avec une application unique autour de la propyzamide. Par exemple, 0,5 l/ha de Fox (bifénox) renforcera l’action de Mozzar sur crucifères, sur véroniques et, de façon moins importante, sur géraniums. Attention, bien que l’institut estime ce mélange sélectif, il n’est toutefois pas recommandé par la firme.

Mozzar + Callisto (mésotrione) vient ajouter 10 points d’efficacité sur matricaires pour des applications de début novembre. Bien qu’onéreux (95 €/ha environ), c’est le mélange Mozzar + Ielo (à base de propyzamide), à accompagner d’un mouillant, qui permettra un meilleur gain d’efficacité sur crucifères, notamment les moutardes.

Céline Fricotté

(1) Lire l’article p. 41 de La France agricole  n° 3910 du 25 juin 2021.