Une « loi foncière » a été approuvée mardi 3 août 2021 par les députés brésiliens. avec 296 voix pour et 136 contre. Le texte doit encore être étudié par le Sénat. S’il est adopté par la chambre haute, il permettra d’augmenter le nombre de terres pouvant être régularisées sans inspection préalable de l’Institut National de Colonisation et de Réforme Agraire (INCRA).

 

Cette loi encouragerait « l’expansion d’exploitations agricoles illégale »

Les occupants devront seulement fournir une série de documents et une déclaration sur l’honneur dans laquelle ils s’engagent à respecter les lois environnementales. Pour l’opposition, cette loi va encourager l’expansion d’exploitations agricoles illégales en Amazonie, alors que la déforestation a déjà fortement augmenté depuis l’arrivée au pouvoir de Jair Bolsonaro en 2019.

 

Un argument réfuté par le député Zé Silva, auteur de ce texte : « Certains disent que ce projet de loi défend les occupations illégales, mais elle sert justement à les combattre (en les régularisant). Ce sont des agriculteurs qui rêvent d’avoir leurs propres terres, mais ne peuvent pas vendre leur production légalement »

En mai dernier des appels aux boycoot avaient été lancés pour protester contre cette loi

En Amazonie, un grand nombre de terres publiques sont exploitées depuis décennies, même si leurs occupants ne sont pas reconnus comme propriétaires par l’État. « En approuvant ce projet de loi, le message que les députés passent aux Brésiliens, c’est que ça vaut la peine de faire intrusion dans des terres pour les déboiser », déplore Mariana Mota, de l’antenne brésilienne de Greenpeace.

 

En mai dernier, plusieurs chaînes de grande distribution de l’Union Européenne et du Royaume Uni avaient menacé de boycotter les produits agricoles brésiliens si cette loi était adoptée.

Ces derniers mois, le gouvernement du président d’extrême droite Jair Bolsonaro et ses alliés du puissant lobby de l’agronégoce au Parlement ont tenté d’accélérer l’adoption d’autres projets de lois hautement controversés, notamment sur la démarcation de terres indigènes.

 

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