Actuellement, quatre traitements de semences de biocontrôle sont homologués en France : Cerall, Copseed, Integral Pro et Votivo. Ils restent, cependant, marginaux sur le marché du biocontrôle. Les entreprises sont, en effet, confrontées à plusieurs freins, notamment technologiques, comme la durée de vie des micro-organismes sur la semence. « Quand on travaille avec des actifs biologiques comme les micro-organismes, il faut trouver comment les faire adhérer et survivre autour de la semence, le plus longtemps possible », confirme Vincent Béguier, directeur de la recherche et du développement chez Cérience.

À cela s’ajoute la problématique des usages mineurs. « Les volumes de ventes de traitements de semences sont faibles, et les besoins en investissement sont énormes, pour l’homologation par exemple », indique Flora Limache, d’IBMA France, l’association des entreprises de produits de biocontrôle. Selon elle, quinze produits sont en voie de recherche et développement chez leurs sociétés adhérentes. « D’ici à trois ans, des innovations devraient arriver sur le marché, assure-t-elle. Des travaux sont en cours sur des substances naturelles qui vont stimuler les défenses des plantes, ou sur des micro-organismes en consortia, c’est-à-dire plusieurs micro-organismes bénéfiques associés utilisés sur les semences. D’autres s’intéressent aux exsudats des plantes, qui vont attirer les micro-organismes bénéfiques autour de la plante, ou bien repousser des agents pathogènes », résume-t-elle.

Désinfection à la vapeur

C’est un procédé proposé depuis un an par la coopérative Agora, en Picardie. « Les semences sont soumises à de la vapeur à une certaine température : le but est de retirer les éléments pathogènes qui sont sur ou dans les semences, par un procédé physique de chaleur », rapporte Aymeric Dezobry, d’Agora. Les réglages sont cependant délicats : un compromis doit être trouvé entre l’excès de chaleur qui risque de tuer le germe, et, à l’inverse, une température trop faible qui est inefficace. « C’est assez révélateur des solutions du futur, qui seront plus complexes à appliquer comparativement au système bien rodé d’aujourd’hui », ajoute le spécialiste. La technique ne résout néanmoins pas tout : la semence est désinfectée avant le semis, mais reste vulnérable une fois dans le sol. « Il faudrait des compléments avec des biostimulants ou du biocontrôle pour lui mettre un manteau protecteur et l’aider à se protéger des agressions du sol », concède Aymeric Dezobry. Justine Papin