Dans un communiqué publié le 5 octobre 2022, Générations Futures a dénoncé le changement de classification de l’ESA métolachlore, un métabolite du S-métolachlore, vis-à-vis de la réglementation sur la qualité de l’eau potable.

En effet, un avis de l’Anses (1) du 30 septembre 2022  catégorise désormais la molécule comme un métabolite « non pertinent » (voir encadré ci-dessous). Ce changement a pour conséquence une modification de la valeur limite à ne pas dépasser pour la distribution de l’eau potable : l’ESA métolachlore bénéficie ainsi d’une valeur de vigilance de 0,9 ug/L (2), remplaçant la limite de qualité de 0,1 ug/L.

Non-respect du principe de précaution

Générations Futures fustige l’avis de l’Anses, dont la méthode d’analyse n’applique pas, selon elle, le principe de précaution. Elle souligne notamment l’absence de données relatives aux effets sur la reproduction et à la cancérogénicité du métabolite.  

« Alors que le classement du S-métolachlore en tant que cancérigène suspecté [l’ECHA (3) a recommandé, en juin 2022, de classer la matière active comme cancérigène suspecté] aurait dû conduire à un renforcement des mesures de surveillance et de protection des populations exposées à son métabolite, on constate au contraire un affaiblissement des mesures prises par les autorités », signale-t-elle par ailleurs.  

L’organisation rappelle aussi que l’ESA métolachlore est un des principaux métabolites phytosanitaires responsables des dépassements des limites de qualité de l’eau potable. Selon les données du Ministère de la Santé pour l’année 2020, « la présence d’ESA métolachlore dans l’eau potable était responsable en 2020 de 51 % des cas de non-conformités des unités de distribution ».

(1) Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail

(2) Cette valeur, appliquée à tous les métabolites non pertinents, a été définie par l’Anses dans un avis du 30 janvier 2019.

(3) Agence européenne des produits chimiques