« Le printemps a été particulièrement chaud et sec, avec une situation qui se rapproche de 2011 », a constaté Catherine Cauchard, cheffe de projet chez Céré’Obs, le 9 juin 2022 à l’issue du conseil spécialisé des grandes cultures de FranceAgriMer. « Les stades sont en avance, avec des cultures qui se développent rapidement en lien avec la chaleur et le déficit hydrique », poursuit-elle.

La moisson de l’orge approche

Selon le dernier rapport Céré’Obs, au 6 juin, le blé tendre présentait en effet une avance de onze jours comparativement à 2021. Et de trois jours comparativement à la moyenne des cinq dernières années. L’orge d’hiver avait quant à elle une semaine d’avance par rapport à 2021 (2 jours sur sa moyenne quinquennale), « avec une densité relativement faible », détaille Catherine Cauchard.

 

L'orge commence à prendre des couleurspic.twitter.com/IRhzBc22KQ

— LUHERNE Vincent (@vincentluherne) June 7, 2022

Catherine Cauchard rapporte aussi que « les premières récoltes d’orge d’hiver ont été signalées dans le Sud-Ouest, dans le Midi-Pyrénées et en Aquitaine, avec deux bonnes semaines d’avance. »

Moisson 2022 en approche... pic.twitter.com/CfWe5LG1a8

— Marion B (@MarionB1245) June 7, 2022

Sur le terrain, on se prépare à la récolte.

Le bolide est propre... Comme neuf même plus qu'une question de jours maintenant pour lui faire cracher de la poussière pic.twitter.com/mnKZjM4SmG

— Thomas (@toto_bricolo) June 9, 2022

La pluie a donné du répit

« Heureusement ces dernières semaines, les températures sont revenues dans les normales de saison, et des pluies, discrètes, ont donné du répit aux conditions de culture », a ajouté Catherine Cauchard.

Oh la vache !
C'est énorme !!
On n'avait pas eu autant en 2 mois!!
C'est toujours mieux que rien !!#secheresse #Pluie @Meteo79niort @meteoagri @Fragritwittos #FrAgTw pic.twitter.com/IdrVQqZcUd

— François PÉTORIN (@FPetorin) June 8, 2022

Les conditions de cultures des céréales s’étaient fortement dégradées ces dernières semaines. Le 6 juin, 66 % du blé tendre était en conditions bonnes à excellentes, 64 % de l’orge d’hiver, 62 % du blé dur et 53 % de l’orge de printemps. « C’est d’autant plus décevant qu’on était parti sur une très bonne année jusqu’en mai, particulièrement en orge de printemps », souligne la spécialiste.

 

« Les conditions moyennes cachent des disparités très importantes selon les régions, les types de sols et la pluie qui a pu tomber, précise-t-elle. Le Sud-Est (Paca et dans une moindre mesure le Midi-Pyrénées) subit des conditions extrêmement dégradées depuis la sortie de l’hiver. »

 

« Les pluies font beaucoup de bien dans la plupart des zones céréalières, même si c’est trop tard pour certaines zones », complète Benoît Piètrement, président du conseil spécialisé des grandes cultures de FranceAgriMer.

Mais les orages ont fait des dégâts

En dehors de l’orge, « on arrive sur la période de remplissage. Une météo tempérée, relativement douce et humide comme certaines régions l’expérimentent permet de maintenir le potentiel. Mais il faut que cela dure, insiste Catherine Cauchard. Et les précipitations étant sous forme orageuse, il pourrait y avoir de très grandes différences au sein d’un même département. C’est le mois de juin qui fera la récolte. »

 

La grêle a par ailleurs causé localement de nombreux dégâts.

 

Aujourd'hui c'est tour de plaine pour observer les dégâts de grêle
photos dans les colza, blé et orge #FrAgTw pic.twitter.com/6js3HHBPuA

— Étienne Accault (@EtienneAgri) June 7, 2022

> À lire aussi : « Entre 80 et 100 % de mes cultures ont été touchées par les orages » (08/06/2022)

Il y a des moments ou tu te dis cela ne tiens à rien ! Un passage de grêle et tout s'envole pic.twitter.com/8t93Kz6xw5

— Eddy Bollaert (@BollaertEddy) June 10, 2022

Les #pois du #PlanProtéine hachés
Les #orges pour malt ou pour animaux étêtées
Des bennes , des silos, des trains qui n’emmèneront pas ce grain retourné au sol
L’#Yonne après la sécheresse #ZoneIntermédiaire @GLarrive @MarieGuiteDufay pic.twitter.com/uv9PWwqHZw

— Emmanuel BONNIN (@BONNIN1402) June 6, 2022

> À lire aussi : Marc Fesneau au chevet des agriculteurs victimes des orages (09/06/2022)

Le maïs entre en phase de sensibilité au stress hydrique

« Le maïs commence à entrer dans sa phase de sensibilité au stress hydrique. L’irrigation a commencé tôt. Le grand défi cette année sera d’arbitrer l’irrigation entre les cultures d’hiver et les cultures d’été », explique Catherine Cauchard.

 

Le galope .... ici DKC5812 , 1 très tardif dans le nord est ....
Floraison prévue début juillet ! pic.twitter.com/Qqj7qtKvdW

— HEIM Rémy (@remy67600) June 9, 2022

Selon Céré’Obs, 85 % des parcelles de maïs grain a atteint le stade 6-8 feuilles visibles, avec une avance de onze jours sur l’an passé, et de sept jours comparativement à la moyenne des cinq dernières années.