« En agriculture de conservation des sols (ACS), on peut faire des cultures intermédiaires à vocation énergétique (Cive) mais a condition de réfléchir au bilan humique. Si ce n’est pas le cas, on peut vite aller dans le mur », explique Thierry Gain, coordinateur technique national de l’association pour une agriculture durable (Apad).

Le digestat n’est pas du fumier ou du lisier

À l’occasion de la rédaction d’une étude sur l’ACS et la méthanisation, il met en garde les agriculteurs sur le risque qu’il y a à exporter toute la matière organique. « Le digestat que l’on réimporte, ce n’est pas du fumier ou du lisier. C’est beaucoup moins profitable pour la qualité de la matière organique réimportée puisqu’il a été allégé d’une partie de la matière organique dans le processus de méthanisation ».

 

C’est en effet, la partie fermentescible qui a été enlevée et qui a servi à produire de l’énergie explique Thierry Gain. Or, c’est cette partie qui est directement assimilable par les micro-organismes du sol et qui est rapidement remise à disposition des racines.

Prendre en compte le développement des racines

Selon Thierry Gain, pour juger de la quantité de matière organique restituée au sol, il faut regarder le développement de la Cive. Plus il est élevé, plus il y a de production de racines, plus le sol sera enrichi en matière organique. D’autant plus que les racines peuvent permettre d’introduire la partie fermentescible de la matière organique, par leurs exsudats racinaires par exemple.