Le 11 mai 2022, vers 11h30 GMT, le titre de Bayer baissait de 7,82 euros pour s’établir à 57,05 euros à Francfort. Cela fait suite à un avis défavorable de l’avocate générale devant la Cour suprême des Etas-Unis, dans un litige qui oppose la firme à un utilisateur de glyphosate. Une décision de la Cour suivant cet avis pourrait ouvrir la voie à des milliards d’euros de demandes en dommages et intérêts.

Depuis mai 2021

L’affaire en question remonte à mai 2021, quand une cour d’appel de San Francisco a confirmé une condamnation contre Bayer à payer 25 millions de dollars de dommages et intérêts à un retraité, Edwin Hardeman, diagnostiqué d’un lymphome non hodgkinien en 2015.

 

Il accuse l’herbicide Roundup, dont la principale substance active est le glyphosate, d’avoir causé son cancer et Monsanto, racheté par Bayer en 2018, d’avoir omis d’avertir les clients sur l’étiquette du produit.

 

Bayer avait alors déposé un recours devant la Cour suprême des États-Unis. Mais dans son avis soumis mardi à la plus haute juridiction américaine, l’avocate générale Elizabeth Prelogar, qui représente le gouvernement, affirme que « la demande de recours doit être rejetée ».

 

Son opinion marque un changement de ton de l’Administration par rapport à la présidence Trump, quand le département de la Justice s’était rangé du côté de Bayer au niveau de l’appel. « Les États-Unis ont réexaminé les arguments étant donné la décision de la cour et du changement d’administration », explique le document mardi 10 mai 2022.

Bayer réagit

Dans un communiqué, Bayer s’est dit « toujours convaincu qu’il y a de bons arguments juridiques pour que la Cour examine le cas » d’Edwin Hardeman et « corrige le verdict ». « Indépendamment de la décision, nous sommes préparés à mettre fin aux litiges autour du Roundup », note Bayer, qui a mis de côté en juillet 2021 4,5 milliards de dollars pour le cas d’une décision défavorable.

 

Le groupe conteste le verdict notamment parce qu’il se fonde sur la loi de l’État californien où l’agence fédérale de la protection de l’environnement (EPA) estime que l’utilisation du Roundup ne mérite pas d’avertissement spécial contre le cancer. Mais cela ne dispense pas de respecter une « loi au niveau d’un État qui demande un tel avertissement », estime de son côté l’avocate générale.