« Entre septembre 2021 et avril 2022, le déficit de précipitations est estimé à 19 % », a averti le lundi 9 mai 2022 lors d’un point avec la presse, le cabinet de la secrétaire d’État à la Biodiversité Bérengère Abba qui a reçu plus tôt dans la journée avec le ministre de l’Agriculture, les agences de l’eau et les organisations agricoles.

 

Les secteurs les plus concernés par ce déficit sont le Grand Est, la Région Paca, le nord de la Nouvelle-Aquitaine, la Bretagne et l’ensemble du Sud-Est. « La situation actuelle est comparable à celle observée en 2019 », note le cabinet de Bérengère Abba. Toutefois, en 2017, la situation était plus pénalisante, avec un déficit pluviométrique de 25 % à ce jour.

 

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15 départements avec des restrictions d’eau

Au 9 mai 2022, 15 départements ont dépassé le stade de la vigilance et sont soumis à des restrictions (réduction ou interdiction des prélèvements à des fins agricoles notamment). « 7 sont en alerte, 6 en alerte renforcée et 2 en situation de crise », précise le cabinet de la secrétaire d’État à la Biodiversité.

 

Une carte de prévisions du risque de sécheresse pour cet été, département par département, doit être publiée la semaine prochaine. Elle fera suite à une réunion du Comité d’anticipation et de suivi hydrologique. « Selon les prévisions saisonnières de Météo-France, à prendre toutefois avec beaucoup de prudence, le scénario le plus probable est un été plus sec et plus chaud que la normale, d’où un risque de sécheresse très probable. »

Impact sur la production de céréales d’hiver

Dans ce contexte, le cabinet de Julien Denormandie, ministre de l’Agriculture, a prévenu que la sécheresse qui frappe actuellement l’ensemble des régions françaises aura « un impact sur la production des céréales ».

 

Les cultures d’hiver comme le blé et l’orge, en pleine phase de développement, commencent à connaître des situations de tension et donc de recroquevillement. Si bien qu’une baisse de rendement est anticipée par le ministère de l’Agriculture, en particulier dans les secteurs où les sols sont particulièrement superficiels. « À ce jour, il n’est pas possible d’anticiper la proportion de baisse, mais on sait déjà qu’il y aura un impact », explique le cabinet de Julien Denormandie.

 

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Stade critique pour les cultures de printemps

Les cultures de printemps comme le tournesol, le maïs et les betteraves pourraient aussi être affectées par la sécheresse, si cette dernière perdure. « Les plantules sont à un stade relativement critique, et l’absence d’eau dans les 15 jours qui viennent pourrait remettre en cause la production », s’inquiète le cabinet à l’Agriculture.

Ralentissement de la pousse de l’herbe

Du côté des fourrages, en particulier de l’herbe, il est observé « une production plus forte que la moyenne en début de printemps ». Mais la situation s’est depuis renversée. « La pousse de l’herbe a fortement ralenti ces derniers jours, et il en sera de même dans les prochaines semaines, avertit le cabinet de Julien Denormandie. Tant qu’il y a de l’herbe de qualité à disposition, il convient de la valoriser autant que possible en la récoltant. »

 

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Dans les semaines à venir, la rue de Varenne n’exclut pas de « mobiliser l’ensemble des surfaces en herbe situées sur les camps militaires ou le long des voies ferrées » pour y réaliser des coupes de foin. Et de rappeler que les jachères peuvent, elles aussi, être d’ores et déjà être utilisées pour affourager les troupeaux.