En plus des conséquences de la guerre en Ukraine, le conseil spécialisé Grandes cultures de FranceAgriMer du 13 avril 2022 a présenté le bilan prévisionnel du marché céréalier français pour la campagne 2021-2022.

 

Ce bilan « est établi sur la base des données déclaratives disponibles à 8 mois de campagne, et sur les données de production publiées par le SSP (1) au 1er avril 2022 », a précisé Marc Zribi, de chef de l’unité grains et sucre de FranceAgriMer.

Utilisations en baisse en alimentation animale

La production et la collecte de blé tendre sont révisées à la hausse, respectivement de 48 000 et 30 000 tonnes. Les disponibilités sont donc établies à 35,7 millions de tonnes. Concernant les utilisations, FranceAgriMer a opéré une baisse de 50 000 tonnes pour l’alimentation animale.

 

FranceAgriMer a opéré le même ajustement sur le maïs, et dans les mêmes proportions. « Les causes de cette diminution tiennent principalement des effets de décapitalisation du cheptel ruminants d’une part, et des mesures d’abattage liées à l’influenza aviaire d’autre part », a indiqué Marc Zribi.

 

Du côté des exportations, les destinations vers l’Union européenne sont relevées de 245 000 tonnes à 8,1 millions de tonnes du fait principalement des Pays-Bas, de la Belgique et de l’Espagne. À l’inverse, les destinations vers pays tiers sont abaissées de 200 000 tonnes, à 9,5 millions de tonnes. Le stock final s’établirait à près de 3 millions de tonnes, en hausse de 35 000 tonnes par rapport à l’estimation de mars dernier.

Peu d’évolution sur les utilisations en orge et blé

Du côté du maïs, les disponibilités progressent de 121 000 tonnes à 14,7 millions de tonnes. Pourquoi ? À cause d’une hausse de la production (14,3 millions de tonnes) et de la collecte (12,5 millions de tonnes).

 

Les utilisations en alimentation animale sont, comme pour le blé, réduites de 50 000 tonnes. Les exportations de grains vers l’Union européenne sont établies à 5,1 millions de tonnes (+63 000 tonnes) et vers les pays tiers à 600 000 tonnes (+50 000 tonnes). Le stock de fin de campagne progresserait de 46 000 tonnes, à 2,015 millions de tonnes.

 

En orge et blé dur, peu d’évolution du côté des ressources disponibles et des utilisations. Les exportations d’orge sont revues à la hausse vers les pays tiers (+130 000 tonnes à 3,4 millions de tonnes) et à la baisse vers l’Union européenne (–30 000 tonnes à 2,7 millions de tonnes). La situation inverse est attendue en blé dur avec un switch entre les deux destinations de 10 000 tonnes.

Conséquences de la guerre sur les origines françaises

Quels seront les comportements d’achat des pays très dépendants de l’Ukraine et de la Russie pour leur approvisionnement comme ceux de l’Afrique subsaharienne, et leur possible intérêt pour les origines françaises ? Marc Zribi estime qu’il est nécessaire de se donner encore un mois pour en apprécier l’impact et les évolutions.

 

« Cela se sent, mais attention, nous avons nos marchés habituels, y compris en interne. Il faut y aller de manière intelligente et ne pas bouleverser les choses », a ajouté Benoît Piètrement, le président du conseil spécialisé des grandes cultures de FranceAgriMer.

(1) Service de la statistique et de la prospective du ministère de l’Agriculture.