Dans un communiqué de presse paru le 16 mars 2022, la CIBE (Confédération internationale des betteraviers européens) s’inquiète de la hausse « considérable » des coûts de production des betteraves dans le contexte de la guerre en Ukraine.

 

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« La hausse du prix des fertilisants et du fuel, ajoutée à la hausse de ceux relatifs à la protection des cultures, se traduira par une hausse des coûts de production de la betterave d’au moins 20 à 25 % en 2022 par rapport à la situation de l’an passé », chiffre la CIBE. « En France, cette hausse atteindrait 15 à 20 % », signale Timothé Masson, économiste à la CGB (Confédération générale des planteurs de betteraves). La forte progression des prix de l’énergie, notamment du gaz, augmentera aussi fortement les coûts de transformation de la betterave. Les charges en énergie pourraient ainsi progresser de 35 à 40 % dans les usines selon la façon dont elles réalisent leurs achats de gaz.

Négociations contractuelles

« Après cinq ans de crises et de bas prix du sucre et de la betterave, ces paramètres doivent être pris en compte par le marché, et se traduire dans les négociations contractuelles en cours entre vendeurs et acheteurs de sucre — et, in fine, dans le prix du sucre », estiment les planteurs européens de betterave.

 

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Le syndicat estime par ailleurs que « le prix de référence du sucre (404,4 €/t sortie usine), stable depuis 17 ans, doit être revu en prenant en compte la hausse significative des coûts agricoles et industriels, de manière à bâtir un filet de sécurité efficace pour le secteur ».

Inquiétude sur la baisse des surfaces

Autre inquiétude des betteraviers : la hausse des prix des cultures alternatives. Alors que la sole betteravière en Europe est annoncée en baisse en 2022-2023 pour la cinquième année consécutive (de 2 %), la CIBE juge qu’une « nouvelle baisse de la surface betteravière lors de la campagne de 2023-2024 pourrait conduire à une situation de crise, en termes d’approvisionnement en betterave, dans plusieurs régions européennes. »

 

Les planteurs européens souhaitent ainsi alerter les institutions européennes, à l’occasion du conseil agricole du 21 mars 2022 et en prévision de la communication de la Commission européenne sur la résilience du système alimentaire communautaire du 23 mars 2022, « sur le risque actuel d’effet ciseaux que pourrait subir la filière, confrontée à des charges en hausse et à des prix du sucre trop bas.