La filière semencière française est très concernée par la situation générée par ce conflit entre l’Ukraine et la Russie. Ainsi, « ces deux marchés constituent respectivement les quatrième et sixième destinations des exportations françaises de semences et plants (première et deuxième destinations hors Union européenne) », précise Semae, l’interprofession semencière, le 25 février 2022.

 

Ainsi sur la dernière campagne de 2020-2021, les exportations françaises de semences et plants vers cette zone atteignent près de 220 millions d’euros avec 116 millions d’euros pour la Russie et 103 millions d’euros pour l’Ukraine.

Semences d’oléagineux et de maïs-sorgho exportées

Ce sont majoritairement des semences oléagineuses qui sont exportées vers ces deux destinations, ainsi que des semences de maïs et de sorgho. « Une partie des semences ou plants envoyée correspondent à des semences de premières générations (bases, prébases), permettant la multiplication locale dans le but de produire les semences qui sont dans un second temps commercialisées par les opérateurs russes », détaille Semae.

 

Si l’interprofession juge qu’il est encore tôt pour chiffrer précisément les impacts économiques, elle reconnaît que les situations sont différentes d’une entreprise à une autre. « Plus d’une trentaine d’entreprises semencières exportent vers ces deux pays et certaines d’entre elles ont investi de manière conséquente en Russie et en Ukraine soit via des usines de production, des filiales de distribution commerciale, soit dans des programmes de recherches avec des organismes russes. »

Préserver les salariés

Ainsi Euralis semences (filiale de la coopérative Euralis), Mas Seeds (Maïsadour) ou encore Limagrain possèdent des sites de production de semences sur place. « Notre site de production de Tcherkassy, à 200 kilomètres à l’est de Kiev est fermé », a précisé Euralis à La France Agricole le 25 février 2022.

 

L’usine produit des semences de maïs et tournesol pour le marché ukrainien notamment. « Toutes les activités sont arrêtées, la priorité est de préserver l’intégrité physique de nos 300 salariés », insiste le semencier qui a aussi des bureaux commerciaux à Kiev.

 

« Toutes les entreprises travaillent pour sécuriser le personnel », confirme Claude Tabel, président de l’Union française des semenciers (UFS). Et d’ajouter que l’Ukraine et la Russie sont « très friandes de génétique occidentale », ce qui explique la présence de nombreux semenciers dans ces pays. « C’est le cas en maïs, colza, tournesol, betterave et demain pourquoi pas en blé », précise-t-il.

Difficultés pour les semis à venir

Les usines de production étant à l’arrêt, « l’approvisionnement du marché ukrainien est bloqué, ce qui devrait engendrer des fortes perturbations pour les semis à venir », anticipe Semae. La filière semencière est aussi inquiète des répercussions financières et des risques de non-paiement de marchandises déjà acheminées vers ces deux destinations.