Un couvert permanent désigne une à plusieurs espè­ces à caractère pé­renne, implantées et conduites sur plusieurs cycles cul­turaux dans la rotation. Néanmoins, parler de permanence du couvert est un abus de langage car leur durée de vie ne dépasse pas généralement 36 mois, selon une enquête réalisée par Arvalis en 2016. En effet, passé un certain nombre de cycles, le couvert se développe moins bien et les adventices peuvent alors reprendre le dessus. Le terme « semi-permanent » peut donc être plus approprié et il est, en l’occurrence, préféré par certains techniciens.

Si on la compare aux couverts d’interculture annuels, la pratique reste encore peu courante, et davantage mobilisée dans les systèmes en agriculture de conservation des sols. Les objectifs le plus souvent cités par les agriculteurs sont, justement, de trouver une alternative aux couverts annuels, face à leurs difficultés de levées et de dévelop­pement en été en conditions sèches. La gestion des adventices et les économies d’intrants sont également deux aspects souvent mis en avant. De plus, les services potentiellement rendus sont multiples : structuration du sol, stimulation de l’activité biologique, fixation symbiotique de l’azote en présence de
légumineuses…

Néanmoins, tous les couverts ne sont pas adaptés à toutes les situations pédoclimatiques, et pour certaines cultures ou certains types de rotation, la technique s’avère plus risquée. Par ailleurs, les effets de concurrence potentielle pour les nutriments, l’eau et la lumière sont à prendre en compte. L’itinéraire technique des cultures de vente associées à ces couverts sera à adapter, notamment pour le désherbage.

Isabelle Escoffier et Charlotte Salmon