À l’occasion d’une journée sur la filière du blé dur, organisée le 1er février 2022 à La Rochelle par Arvalis, Intercéréales a annoncé les grandes lignes d’un plan stratégique, résultat d’une étude pilotée par l’interprofession en 2021.

 

Il est notamment question de développer une démarche de « blé dur premium », pour valoriser « l’excellence qualitative » de la production française, a indiqué son président Jean-François Loiseau en introduction de cet événement.

 

Au travers de ce plan, l’axe de l’innovation, notamment pour la recherche variétale, sera aussi travaillé. L’interprofession a également indiqué un engagement de la filière à « contractualiser 50 % des volumes destinés au marché français dans un délai de trois ans ».

 

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La HVE, une « reconnaissance de notre excellence »

« Les producteurs français ont déjà un cahier des charges strict sur beaucoup de critères environnementaux, avec une différenciation par rapport à d’autres pays producteurs, indique Éric Thirouin, président de l’AGPB (1). Grâce cette dynamique, nous pourrons arriver à faire en sorte que ce que l’on fait puisse être valorisé », salue-t-il.

 

Le président prend pour exemple la certification Haute valeur environnementale (HVE) de niveau 2, une forme de « reconnaissance de notre excellence ». Le niveau 3 est une autre démarche, intéressante pour les besoins de différenciation des marques. « Néanmoins, il nous faut tout d’abord une base structurante, avec suffisamment de quantités valorisables », appuie Éric Thirouin, qui souligne aussi le besoin d’une traçabilité, jusqu’au bout de la chaîne.

 

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Innover sur les outils et les schémas logistiques

« En matière de traçabilité, l’enjeu aujourd’hui est de réussir à la remonter depuis l’amont, de l’analyser et de la restituer au client de manière lisible et claire, indique Nicolas Prévost, directeur commercial chez Durum (2). C’est un enjeu de digitalisation », complète-t-il.

 

Quant à la logistique, le réseau actuel de stockage s’appuie sur des outils historiquement conçus pour gérer de la masse : « Il faudra réussir à investir dans des unités de stockage et d’allotement plus faibles, mais aussi innover sur nos outils et schémas logistiques, affirme le directeur commercial. On a des outils d’analyse rapide, d’autres qui le sont moins et sur certains critères, on n’en a pas. »

Appel à du co-investissement

Comment cette démarche de blé dur premium va-t-elle être mise en musique ? Pour Jean-François Loiseau, il existe déjà des précédents, qui ont pu fait preuve de réussite, comme les orges de brasserie, certains blés tendres ou encore la filière de la volaille.

 

« Cela montre bien qu’il y a une possibilité chez les producteurs et chez les collecteurs, avec peut-être des investissements complémentaires, appuie le président d’Intercéréales. Je crois que si nous avons une belle feuille de route à présenter aux pouvoirs publics, ces derniers seront attentifs à un accompagnement en matière de co-investissement ».

 

(1) Association générale des producteurs de blé et autres céréales.

(2) Structure spécialisée dans le négoce international du blé dur.