Le prix du soja a atteint 15,8950 dollars le boisseau en séance, pour la première fois depuis le début de juin, soit 8 mois, tout proche du seuil symbolique des 16 dollars. Pour Alan Brugler, du cabinet de recherche Brugler Marketing & Management, « ce sont les tourteaux qui ont mené la danse, ce qui montre que c’est lié à l’Argentine », premier producteur mondial.

Les tourteaux à la hausse

Lundi, le contrat sur les tourteaux pour une livraison en mars a bondi à son plus haut niveau depuis la mi-mai. Le prix de ce produit dérivé du soja a gagné près de 50 % depuis la mi-octobre (47 %). « Les gens sont nerveux et se demandent s’ils vont avoir assez de soja à triturer pour les tourteaux », a expliqué Alan Brugler.

 

En cause, le manque de pluie qui affecte le sud du Brésil, le Paraguay et l’Argentine. Des pluies sont annoncées à la fin de la semaine dans la région. Par ailleurs, l’huile de palme a atteint un nouveau record dans les échanges électroniques préalables à l’ouverture de la séance de la Bourse de Kuala Lumpur lundi, à 5 749 ringgits, soit 1 376 dollars la tonne.

 

Déjà sous une très forte contrainte, le marché continue à digérer l’injonction faite, à la fin de janvier, par le gouvernement indonésien aux producteurs, de conserver 20 % de leurs récoltes pour le marché intérieur. L’Indonésie est le premier producteur et exportateur mondial d’huile de palme.

Dans le sillage de l’huile de palme

Cette flambée de l’huile de palme profite à tous les oléagineux, dont le soja. Pour le soja planté le plus tôt dans la saison en Argentine, qui achève sa maturation, « les pluies des 15 prochains jours vont être décisives », a expliqué José Luis Aiello, spécialiste en sciences atmosphériques, à la Bourse du commerce de Rosario, dans la province de Santa Fe.

 

Indicateur de la forte demande de soja, le ministère américain de l’Agriculture (USDA) a fait état lundi d’une commande massive de 507 000 tonnes émanant d’un acheteur non identifié.

 

Le maïs a également bénéficié des inquiétudes sur les conséquences de la météo en Amérique du Sud, de même que de la persistance de la crise ukrainienne, selon Alan Brugler. Le manque de visibilité sur les exportations russes et ukrainiennes a aussi profité au blé.

 

Le boisseau de blé (environ 27 kg) pour livraison en mars 2022 a gagné 0,72 %, à 7,6875 dollars, contre 7,6325 dollars vendredi.

 

Le boisseau de maïs (environ 25 kg) pour livraison le même mois a pris 2,37 %, à 6,3525 dollars, contre 6,2050 à la précédente clôture.

 

Le boisseau de soja (environ 27 kg) pour livraison en mars a avancé de 1,81 %, à 15,8175 dollars, contre 15,5350 dollars vendredi.