Le prix de la céréale était fortement remonté ces derniers jours avec l’escalade de la crise ukrainienne, pour s’inscrire, le 25 janvier, à un sommet de près de deux mois. Pour Jon Scheve, de la société de conseil Superior Feed Ingredients, des opérateurs ont profité de la séance de lundi pour réaliser leurs profits.

« Moins d’inquiétudes sur les hostilités »

« Je pense qu’il y a moins d’inquiétudes sur les hostilités entre la Russie et l’Ukraine. Donc, le marché a fait un peu baisser la prime de risque », a-t-il expliqué. Les chefs des diplomaties russe et américaine, Sergueï Lavrov et Antony Blinken, devaient s’entretenir ce mardi.

 

À la marge, le blé américain a aussi perdu du terrain avec l’arrivée annoncée de pluies sur le sud des grandes plaines américaines, où est cultivée la majorité du blé dur de variété Hard Red Winter Wheat (HRW). La région souffre, depuis plusieurs semaines, d’un temps sec.

 

Le blé, toujours, a été sapé par de mauvais chiffres d’inspections avant exportations, publiés lundi par le ministère américain de l’Agriculture (USDA) et en baisse de 12 % par rapport à la semaine précédente.

 

À ce jour, les exportations de la campagne de 2021-2022 (de juin à mai) s’affichent en recul de 18 % par rapport à la précédente.

Moins de marge sur l’éthanol

Le prix du maïs s’est aussi replié sensiblement lundi, dans le sillage du blé, selon Jon Scheve. Le grain jaune souffre aussi d’une compression des marges dégagées sur l’éthanol, le biocarburant étant fabriqué très majoritairement avec du maïs aux États-Unis.

 

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La baisse des marges incite les producteurs à lever le pied sur les volumes, ce qui réduit la demande de maïs et peut peser sur les cours à la baisse.

Le soja tiré à la hausse par l’huile de palme

Quant au soja, l’oléagineux a encore bénéficié d’une nouvelle envolée de l’huile de palme, à un niveau record lundi, et du canola (variété canadienne OGM du colza), proche d’un sommet qui date de plusieurs années.

 

La pénurie d’huile a aussi tiré l’huile de soja, au plus haut depuis la fin de juillet, ainsi que le soja lui-même, qui a frôlé les 15 dollars le boisseau (25 kg environ), seuil qu’il n’a plus franchi depuis la mi-juin 2021.

 

La glycine max, de son nom scientifique, reste également bien orientée par la succession des révisions à la baisse des prévisions de rendements en Amérique du Sud, au Brésil, au Paraguay et en Argentine, selon Jon Scheve.

 

Le boisseau de blé (environ 27 kg) pour livraison en mars 2022 a perdu 3,17 %, à 7,6125 contre 7,8625 dollars à la précédente clôture.

 

Le boisseau de maïs (environ 25 kg) pour livraison le même mois a cédé 1,57 %, à 6,2600 dollars contre 6,3600 vendredi.

 

Le boisseau de soja (environ 27 kg) pour livraison en mars a gagné 1,39 %, à 14,9050 dollars contre 14,7000 dollars à la précédente clôture.