McCain et le Gappi, son groupement de producteurs, ont annoncé lors de l’assemblée générale du Gappi, le 11 janvier 2022, une augmentation moyenne du prix des pommes de terre achetées aux agriculteurs pour la récolte de 2022, de 27,11 € la tonne, soit 20 %, ainsi qu’une augmentation des surfaces sous contrat de 1 415 ha, soit +12 %. Un contrat « agriculture de régénération » est mis en place sur six ans sur la base du volontariat.

 

« Le prix des pommes de terre livrées chez McCain va ainsi s’échelonner pour la récolte de 2022, entre 121 et 216,2 €/t selon les variétés et le temps de stockage, souligne Bertrand Achte, président du Gappi. McCain a pris cette décision afin d’être en phase avec la loi Egalim 2 et de prendre en compte l’augmentation de nos coûts de production et en particulier celui des engrais, de l’énergie et des autres intrants ; nous lui en sommes reconnaissants. »

1 415 ha de contrats supplémentaires

L’industriel propose également pour les plantations de 2022, 1 415 ha de contrats supplémentaires, ce qui ramènera les surfaces implantées au niveau qui était prévu pour 2020, avant le Covid. « En 2021, les agriculteurs ne s’étaient engagés que pour 90 % des contrats proposés par McCain, ajoute le président du Gappi. L’augmentation de prix conclue pour l’année, devrait intéresser les agriculteurs. Il fallait que la pomme de terre retrouve de la compétitivité par rapport aux autres cultures ». Les prix des contrats pluriannuels ont aussi été revus à la hausse.

Un contrat « agriculture de régénération » sur six ans

McCain est également revenu sur le projet d’agriculture de régénération qu’il a lancé en 2021, et concrètement, propose aux agriculteurs, un contrat d’engagement sur six ans, avec à la clé une prime de 5 €/t. « Cette proposition de contrat inédite se fera uniquement sur la base du volontariat, précise Maxence Turbant, le nouveau directeur de l’agriculture pour la France et la Belgique de McCain. Nous avons identifié sept piliers, les couverts végétaux, la diversité des cultures dans la rotation, la réduction du travail du sol, la baisse de la consommation des intrants, l’impact des produits phytosanitaires, la biodiversité et la dynamique de la matière organique dans le sol ; et ce, avec trois niveaux pour les agriculteurs, un niveau débutant, intermédiaire et expert ». Son objectif serait que 10 % des agriculteurs s’engagent dans ce contrat en 2022 et que d’ici à 2030, tous les agriculteurs mettent un pied dans la démarche. « Dans ce domaine, il faut laisser du temps au temps, reconnaît Bertrand Achte. Personnellement, je me sens à l’aise avec les deux premiers niveaux, beaucoup moins avec le troisième ».

Une répercussion sur le prix consommateur

« Nous nous attendons à ce que nos clients nous accompagnent sur la revalorisation des coûts de production des pommes de terre, dès cette année, a souligné Leslie Camus, vice-présidente de l’agriculture pour l'Europe continentale chez McCain. Et à terme, qu’ils nous accompagnent dans l’agriculture régénératrice ». Les négociations avec la grande distribution sont en cours. McCain conclut chaque année des contrats avec près de 800 agriculteurs sur le territoire français, dont 70 % qui travaillent exclusivement avec McCain, pour leurs pommes de terre industrielles.