La superficie céréalière totale de l’Union européenne devrait diminuer à 51,2 millions d’hectares d’ici à dix ans (−2,8 %), indique la Commission européenne dans un rapport sur les perspectives agricoles pour la période allant de 2021 à 2031. La production céréalière est, quant à elle, attendue à 276 millions de tonnes en 2031, soit une baisse de 2,5 % sur dix ans.

Diversification des cultures

La superficie de blé, de l’orge et du maïs devrait diminuer en 2021-2031 de respectivement 2 %, 7,9 % et 1,5 %, tandis que la sole consacrée aux autres céréales (avoine, seigle, sorgho…) devrait augmenter de 1,1 % entre 2021 et 2031.

 

« Cela est le résultat de rotations de cultures plus longues et d’un mélange de cultures plus diversifié, argumente la Commission européenne. La diversification des cultures est utilisée comme un moyen de mieux contrôler les ravageurs et les maladies, de s’adapter aux risques climatiques et de répondre à la demande croissante de produits biologiques. »

Les rendements du blé et de l’orge tirés vers le bas

Par ailleurs, les rendements du blé et de l’orge devraient baisser légèrement, « en raison d’une augmentation de la production biologique, d’une réduction de la variété des produits phytopharmaceutiques disponibles, des contraintes environnementales et de l’adoption accrue de pratiques agroécologiques par les agriculteurs », affirme la Commission.

 

Les rendements du maïs pourraient, en ce qui les concerne, encore augmenter en raison de progrès potentiels dans les pays de l’est de l’UE.

 

Conséquence : les productions de blé et d’orge diminueraient, à 126,9 et 49,2 millions de tonnes respectivement en 2031 (en baisse de 5,3 % et 8,9 % par rapport aux chiffres de 2021) tandis que la production de maïs pourrait rester stable à 68,2 millions de tonnes prévoit le rapport.

Baisse des prix en 2022

Sur le plan commercial, l’UE restera compétitive mais devra faire face à une « forte concurrence de la part d’autres acteurs clés », notamment de la région de la mer Noire, entraînant une réduction des parts de marché, sur un marché en croissance.

 

Les importations de maïs rebondiraient à 18 millions de tonnes en 2022 et atteindraient 16,5 millions de tonnes en 2031 (+4,4 % par rapport à 2021). Les tensions sur les marchés des céréales devraient s’atténuer en 2022 et les prix commenceront à baisser. Cependant, les prix du blé et du maïs devraient à nouveau augmenter de 2025 à 2031.

 

À court terme, la « principale incertitude » reste la flambée des prix des engrais qui « pourrait affecter les décisions de plantation des agriculteurs en 2022 et au-delà ». Elle peut également accélérer le développement de l’agriculture de précision et conduire à une utilisation plus efficace des nutriments, permettant de produire plus avec moins d’intrants, estime la Commission.