Dans son rapport sur les perspectives agricoles de l’Union européenne (UE) sur la période de 2021 à 2031, publié le 3 janvier 2021, Bruxelles table sur stabilisation de la zone sucrière à moyen terme, à un peu moins de 1,5 million d’hectares en 2031, après un déclin initial de plusieurs des principaux producteurs de betterave sucrière de l’UE.

Moindre hausse des rendements

« Au cours des dernières années, les rendements de betterave sucrière ont augmenté beaucoup moins que précédemment (+1,7 t/ha en 2000-2010 par rapport à +0,2 t/ha en 2010-2020), rappelle le rapport de la Commission européenne. Cette tendance devrait se poursuivre dans le moyen terme. » En cause, principalement les difficultés liées à l’usage des produits phytos et l’interdiction de certains d’entre eux, en particulier les néonicotinoïdes.

 

Dans ce contexte, la production de sucre dans l’UE devrait augmenter lentement, passant d’une moyenne de 15,5 millions de tonnes en 2019-2021 à 16 millions de tonnes en 2031. La production européenne d’isoglucose devrait croître plus rapidement que celle du sucre, passant à plus de 800 000 t en 2031 contre environ 600 000 t actuellement. « Néanmoins, cette croissance pourrait être limitée par la concurrence du sucre et d’autres édulcorants », nuance le rapport.

La consommation va continuer à baisser

De son côté, la consommation humaine de sucre devrait baisser de 0,5 % par an pour atteindre 15,9 millions de tonnes en 2031, reflétant le passage à des régimes avec moins de sucre.

 

« Cependant, des développements différents sont attendus pour d’autres utilisations de sucre (qui représentent environ 15 % du sucre total), » anticipe la Commission européenne. Ainsi, « les exportations de sucre dans les produits alimentaires transformés devraient croître de 2,5 % par an, tandis que l’utilisation industrielle devrait rester stable. »

Exportations et importations de sucre à parité

En ce qui concerne les prix du sucre, ils devraient augmenter lentement sur la période de 2021 à 2031. Ils étaient relativement stables depuis la fin des quotas dans l’UE en 2017. Par ailleurs, en raison de l’augmentation de la production et de la baisse de la demande intérieure, les exportations de l’UE devraient augmenter.

 

Les importations de sucre devraient, quant à elles, se contracter pour les mêmes raisons, mais les prix compétitifs de l’UE pourraient limiter le déclin et permettre à l’Europe d’atteindre la parité dans le commerce du sucre, selon la Commission. Ainsi, d’ici à 2031, les exportations de l’UE devraient atteindre le niveau des importations, à environ 1,6 million de tonnes.