Pour des chercheurs français danois et suédois, les études ACV (analyse du cycle de vie) sont trop simplifiées et sous-estiment donc les avantages de l’agriculture biologique. En effet, ils estiment que quatre grands thèmes seraient oubliés dans les études ACV : la biodiversité, la qualité des sols, les impacts des pesticides ou les changements sociétaux. Ce qui amènerait à « des conclusions erronées lorsqu’il s’agit de comparer agriculture conventionnelle et biologique », est-il écrit dans un communiqué de l’Inrae, dont fait partie le chercheur français, publié le 17 mars 2020.

« Meilleure biodiversité »

« Des études antérieures ont déjà montré que les champs conduits en agriculture biologique supportent des niveaux de biodiversité environ 30 % plus élevés que les champs conduits en agriculture conventionnelle, écrivent les auteurs de la publication. De plus, entre 1990 et 2015 l’utilisation des pesticides dans le monde a augmenté de 73 % et les résidus de pesticides dans le sol, dans l’eau et dans les aliments peuvent être nocifs pour la santé humaine, les écosystèmes terrestres et aquatiques et causer une perte de biodiversité. » Et de poursuivre : « L’agriculture biologique interdit l’utilisation de pesticides de synthèse. Mais peu d’études d’ACV tiennent compte de ces effets pour autant. »

Prendre en compte les processus écologiques

Les chercheurs pointent par ailleurs les avantages des pratiques agricoles biologiques telles que des rotations qui mobilisent une plus grande diversité de cultures et l’utilisation d’engrais organiques, sur la qualité des sols. « L’ACV devra mettre en œuvre une approche plus fine tenant compte des processus écologiques, adaptés aux caractéristiques locales des sols, du climat et de l’écosystème », insistent les chercheurs.

Méthodologie à revoir

Pour eux, « la méthodologie et les pratiques actuelles d’ACV ne sont tout simplement pas suffisantes pour évaluer les systèmes agroécologiques tels que l’agriculture biologique ». Ils expliquent que l’ACV actuelle « évalue généralement les impacts environnementaux par kilogramme de produit. Cela favorise les systèmes intensifs conventionnels qui peuvent avoir des impacts plus faibles par kilogramme de produit, tout en ayant des impacts plus importants par hectare de terre. »