En 2019, 900 ha de céréales et de chaumes sont partis en fumée dans l’Essonne. Une des interventions a nécessité le confinement de la population dans une église. Pour protéger les habitants et les biens, le préfet a appelé la profession agricole et le Service départemental d’incendie et de secours (SDIS) à construire un protocole de lutte contre les feux. « L’enjeu est aussi d’éviter que la moisson ne soit interdite, comme dans l’Oise l’été dernier », souligne Christophe Lerebour, céréalier à Gometz-la-Ville.

 

Six agriculteurs référents dans le département

Ce dernier a travaillé avec la FDSEA et les Jeunes agriculteurs (JA) du département la chambre d’agriculture et les pompiers pour refonder l’organisation qui prévalait depuis 2007. « Nous étions quatre agriculteurs référents dans le département, selon les secteurs des casernes. Nous sommes passés à six, répartis cette fois dans chaque bassin agricole, précise-t-il. Nous connaissons les céréaliers de notre plaine et avons leurs coordonnées, le combat contre les feux est plus efficace et facile à organiser. » Si le risque d’incendie est élevé, le centre de traitement d’alerte contacte le référent, qui relaie l’information aux agriculteurs de proximité. « Chacun doit se tenir prêt à intervenir avec des déchaumeurs attelés aux tracteurs pour créer des bandes coupe-feu, », relève le commandant Éric Roblin, du SDIS 91.

Des « Collaborateurs »

Lorsqu’un foyer se déclare, les agriculteurs sont considérés comme des « collaborateurs occasionnels du service public » et intègrent, à part entière, le schéma d’intervention. « Nous sommes sous l’autorité du commandant des opérations de secours sur le sinistre et mettons des hommes et du matériel au service d’une cause commune, poursuit Christophe Lerebour. Grâce au titre de “collaborateur”, si des dégâts sont à déplorer, c’est la responsabilité du SDIS qui est engagée. »

 

Pour anticiper tout départ de feu, des échanges réguliers ont lieu entre les deux corps de métier sur « l’avancement de la moisson, la localisation des chantiers, le matériel disponible, le niveau de risque d’incendie calculé par Météo-France », précise le commandant Roblin. Des fiches ont été créées pour apprendre aux pompiers à différencier les cultures, leur risque inflammable… Quant aux agriculteurs, ils ont été familiarisés au jargon des sapeurs-pompiers et à leur organisation : types de véhicules, schéma d’intervention…

 

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