La production de sorgho en Europe représente un petit marché à l’échelle mondiale mais s’est considérablement développée, par un doublement des surfaces en quinze ans. « Ceci s’explique par plusieurs facteurs, dont le changement climatique, une recherche de diversification de la part des producteurs et un grand choix de semences disponibles (350 variétés inscrites au catalogue européen) », souligne Pierre Guillaumin, de la FNPSMS (1). En 2021, 550 000 ha de sorgho ont été implantés en Europe, dont 340 000 ha en grain et 210 000 ha en ensilage. Dans l’Union européenne, ces surfaces sont en léger repli par rapport à la campagne précédente, les producteurs s’étant davantage tournés vers des cultures plus attractives en termes de prix.

 

Les surfaces françaises en 2021 ont aussi diminué par rapport à l’année dernière, à 72 000 ha pour le grain (- 15 %) et 25 000 ha pour l’ensilage (- 11 %). « En termes de rendement toutefois, c’est une bonne année », indique Pierre Guillaumin. Le service de la statistique du ministère de l’Agriculture estime un rendement moyen de 61 q/ha (grain et ensilage confondu), soit + 31,7 % par rapport à 2020.

Intérêt pour le local

La France est le principal exportateur de sorgho grain en Europe (175 000 t exportées sur 2020-2021), l’Espagne représentant les deux-tiers de ce débouché. De plus, du fait de l’augmentation du coût des transports, un regain d’intérêt pour l’offre locale est observé, permettant aux origines françaises de gagner en compétitivité. « Pour 2022, nous espérons que les surfaces se maintiendront dans la moyenne de ces dernières années, conclut Pierre Guillaumin. C’est une filière qui fait son chemin mais qui doit encore s’organiser et gagner en visibilité sur le marché », ajoute-t-il.

(1) Fédération nationale de la production des semences de maïs et de sorgho.