Éric Thirouin, président de l’Association générale des producteurs de blé (AGPB), le rappelait début septembre : la hausse actuelle du cours des engrais va « impacter les marges de la campagne prochaine ».

 

La situation est en effet tendue, toutes­ familles d’engrais confondues. Ce phénomène est, entre autres, lié à la reprise économique post-Covid et à des récoltes mondiales disparates. « Avec des stocks de matières premières bas, les cours sont soutenus, informe Nicolas Broutin, président de Yara France. Les agriculteurs ont donc intérêt à produire et ont besoin d’engrais. »

 

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Politique chinoise

Alors que la Chine, un des plus gros exportateurs d’azote, a décidé le 27 septembre de durcir sa politique à l’exportation de l’azote, en Europe le prix du gaz est anormalement élevé (voir l’encadré). Or, ce dernier détermine le prix de fabrication de l’azote. À cela s’ajoute un coût du frêt multiplié par trois en un an et une parité euro-dollar défavorable aux importations. Ainsi, beaucoup d’industriels européens ont décidé mi-septembre de ne plus produire d’ammoniac (principal composant des engrais azotés).

 

« Chez Yara, nous limitons notre production d’ammoniac à partir de gaz européen. Mais nous en importons de façon à faire tourner nos usines et à mettre en marché les volumes habituels. Toutefois, les prix augmentent », ajoute Nicolas Broutin. Alors que l’urée, marché directeur de l’azote au niveau mondial, valait 450 $/t départ Égypte début septembre, au 27 septembre elle côtait 615 $/t (+ 37 %). L’ammonitrate en vrac est quant à lui passé de 257 €/t au 1er janvier à 515 €/t mardi dernier. « On dépasse les records de prix atteints en 2008 ! », complète Isaure Perrot, d’Agritel.

 

Au vu des prix proposés au début de campagne, il y a eu moins d’achats d’engrais azotés que d’habitude. « Mais aujourd’hui, cela n’est plus tant une question de prix que de disponibilité car on entend parler de potentielle pénurie à venir. Le conseil est donc de couvrir a minima ses premiers apports azotés », alerte Agritel.