Les cours de l’orge de printemps brassicole ont nettement chuté depuis leur pic du mois de mai 2022 à 470 €/t Fob Creil. Ils sont aujourd’hui à 345,00 €/t, un niveau proche des 335,00 €/t observés au début de la guerre en Ukraine. Cette évolution suit celle des autres matières agricoles (le blé et l’orge fourragère notamment) qui ont corrigé ces dernières semaines avec l’accélération des flux de grains au départ de la mer Noire.

Une récolte française en baisse

La baisse des cours n’est pas directement liée à la production française annoncée par Agreste à seulement 2,97 millions de tonnes au cours de cette campagne contre 3,24 en 2021-2022 du fait de la sécheresse. Le rendement et la qualité sont moins bons, avec beaucoup de parcelles trop protéinées, au-delà de la fourchette 9,5-11,5 % imposée par le cahier des charges des malteurs.

 

L’orge brassicole de printemps a également chuté sous la pression des récoltes anglaises et scandinaves. « Les résultats étant bons en quantité comme en qualité, on trouve ces orges 20 €/t en dessous du prix français et cela a entraîné une autre vague de baisse », détaille David Porte, responsable de la mise sur le marché chez Cérésia, groupe coopératif du nord-est de la France.

Demande au ralenti

Les orges d’hiver brassicoles françaises s’en tirent mieux que celles de printemps, mais leurs cours décrochent aussi, en sympathie avec les autres céréales. « Le complexe orge dans son ensemble baisse, du fait du ralentissement de la demande », souligne Arthur Portier d’Agritel. L’orge fourragère française part principalement en Chine, mais cette année les opérateurs sont absents. Seulement 40 000 tonnes ont été contractualisées en juillet — pas qu’avec la France — ce qui est très peu.