Lors des 7es Rencontres annuelles du biocontrôle, organisées par IBMA France (International Biocontrol Manufacturers Association) le mardi 26 janvier 2021, le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, a insisté sur l’intérêt du biocontrôle, un des éléments qui permettra de « regagner notre souveraineté », puisque cela nécessite de réduire nos intrants. C’était d’ailleurs l’objet de la stratégie nationale de déploiement du biocontrôle qui a été dévoilée en novembre 2020.

 

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Or même si les ventes de biocontrôle ont plus que doublé en dix ans, 40 % seulement des usages agricoles sont couverts par ce type de solutions, soit 11 % de parts de marché. L’ensemble des intervenants s’est donc accordé sur la nécessité de déployer le biocontrôle à l’échelle européenne. Il s’agit d’ailleurs de l’axe 4 de cette stratégie nationale.

Inscription à l’agenda européen

Et Dominique Potier, député de la Meurthe-et-Moselle (Groupe socialiste et apparentés) d’ajouter : « Pourquoi sommes-nous ici ? Pour demander au président Emmanuel Macron d’inscrire à l’agenda européen du premier semestre de 2022, dans le cadre de la procédure Farm to fork, l’accélération de la définition précise de ce qu’est le biocontrôle à l’échelle européenne. Que l’on crée les mêmes accélérateurs qu’on a connus il y a quelques années en France. À savoir : une inscription en coupe-file, une reconnaissance européenne, une communication possible entre les États membres et une coopération entre les instituts scientifiques. »

 

En effet, la France est le premier État membre à avoir inscrit dans le code rural une définition du biocontrôle. De plus, la liste des produits concernés y est mise à jour mensuellement.

71 préparations attendues d’ici à 2022

« Il nous faut de la visibilité pour investir dans la recherche, développer de nouvelles solutions de biocontrôle et faire que dans dix ans nous passions à 30 % de parts de marché avec ces solutions », a toutefois ajouté Ronan Goff, vice-président d’IBMA France.

 

« En attendant, 60 substances actives sont déjà dans les circuits d’évaluation au niveau européen et 120 qui ne sont pas encore déposées, a indiqué la présidente de l’IBMA France, Céline Barthet. De plus, selon une enquête réalisée dernièrement auprès des adhérents français, 71 préparations de biocontrôle sont attendues en France d’ici à 2022. » Les travaux de recherche de ces derniers porteraient principalement sur grandes cultures, viticulture et pommes de terre.

 

Ronan Goff s’est en outre montré inquiet au sujet de la séparation de la vente et du conseil, effective depuis peu. Ainsi avec pratiquement 95 % de la distribution française qui a choisi la vente, « le conseil spécifique à la parcelle pourrait manquer chez les agriculteurs qui voudraient utiliser de nouvelles solutions ». « Il faut voir comment cela va se mettre en place », a finalement jugé ce dernier.

 

Autre constat de ces dernières rencontres : le biocontrôle ne parle pas au consommateur. Ce dernier ne comprend pas forcément non plus pourquoi, on peut être amené à sortir davantage le pulvérisateur quand on utilise des solutions « plus naturelles ». Il y a donc un travail à faire à ce sujet.